ACTE 1, SCÈNE Vr
DON A CLARA
' Voilà une étrange question !
PÉRICO.
Mademoiselle, tenez, il faut excuser ma hardiesse ; mais. . .
DON A CLAftA.
Où veux-tu donc en venir? Quelle limite mettrastii à ton audace?
PÉRICO.
Ne vous courroucez point. Celui qui espère tout de votre compassion se gardera bien de vous offenser.
DONA CLARA
Enfin que veux-tu ?
PÉRIGO.
Vous raconter une folie, une extravagance d'amoureux. Don Claude se propose de retourner à Ocafia ; il ne trouve point de tranquillité à Tolède , et il a pensé qu'il valait mieux s'éloigner d'ici. Mon maUre , voyez-vous , n'aime pas dona Inès ; il ne peut la souffrir...
DONA CLARA
Que me révèles-tu là ?
PÉRICO.
Et en même temps une autre beauté cause son désespoir.
DONA CLARA
De quoi me parles-tu , Périco ? Des choses de la terre!... Ah çà, mais la jeune personne est donc d'Ocafia? Forcément elle doit y résider.
3(W LA FALSSE DÉVOTE.
PÉRICO.
Non , mademoiselle , elle n'est pas d*Ocafia.
En vérité ! Mais alors c'est donc à Tolède même , ce nouvel amour? Oh! raconte-moi tout... Va, et ne crains pas que je dise un seul mot de cela à ma cousine. Je t'en donne ma parole.
PÉRICO.
Puisque vous le demandez , vous le saurez. Eh bien, mademoiselle, c'est vous qu'il aime, c'est vous...
DON A CLARA
Comment, moi?
PÉRlCO.
11 vous adore au point que c'est une frénésie.
DON A CLARA
Quelle témérité!. Ainsi donc... Ah! va-t'en, vat'en. , et ne reparais plus jamais à ma vue.
PÉRIGO.
Certes, de votre part, je n'attendais pas une autre réponse. Mon Dieu! ce n'est pas faute d'avoir gourmande mon maître , de lui avoir donné de sages conseils. Je ne lui ai nullement déguisé les circonstances. Mais que voulez-vous? la passion le rend aveugle ! . . . Allons , que le ciel vous protège , mademoiselle !
(FâU866 sortie.) DON A CLARA.
Écoute; oui, remarque, mon ami...