ACTE I, SCÈNE VI
Mais qu'ai^je à remarquer? On ne voit que trop que vous avez un cœur de pierre. Que pouvez-vous m'apprendre que je ne sache déjà? Que vous allez entrer en religion? Je vous en fais mon compliment. Que mon maitre est un fou? Les amours, mademoiselle y font tourner les meilleures tètes !
(Faoflse sortie.)
DON A CLARA
Périco !
PÉRICO.
Ne me retenez plus , au nom du Seigneur !
DON A CLARA
De sorte que cette passion de ton maître est bien réelle?
PÉRICO.
Hélas ! . . . Et vous en doutez !
DON A CLARA
Mais qui m'assure que ses sentiments sont sincères?
PÉRICO.
Vos yeux, mademoiselle. ^
.DONA CLARA, souriant.
L'entendez-vous , le fripon ?
PÉRICO.
D*aineurs, à tout prendre, je ne vois pas le grand inconvénient cpi'il peut y avoir. . .
Tais-toi, car tu commences à m'irriter!
PÉRICO.
Je connais assez de prudes qui recevraient avec bonheur les hommages d'un amant aussi loyal; mais vous, c'est différent... Ah! si je pouvais vous voir mariée avec don Claude! Mariée, mademoiselle, c'e^t-à-dire entourée des caresses et des cris de joie d'une foule de petites créatures charmante, de petits espiègles , de petits démons, enfin tout le portrait de leur mère !
DOISÀ CLARA.
Périco, va-t'en !... Mon Dieu! mon Dieu! tu m'as jetée dans un trouble...
PÉRIGO.
Kh mais! quoique le mariage vous inspire une si grande horreur, il se pourrait néanmoins...
DONA CLARA
Je n'ai jamais dit que je l'avais en horreur.
PÉRlCO.
Mais alors qu'est-ce qui vous arrête?... Don Claude a tout pour lui : famille, jeunesse, mille aimables qualités...
DONA CLARA
Je te l'accorde : il n'est pas trop mal.
PÉRICO.
Voyons, la main sur le cœur, ne le souhaiteriezvouspas pour mari ? N'est-il pas à votre goAt? N'estce pas un délicieux cavalier?
DONA CLARA
Si; mais laisse-moi.