ACTE l, SCÈNE IX
DON MARTIN
A rinstanl même, j'y vais... C'est égal, je parierais qu'il a commis quelque imprudence à son diner.
PÉRICO.
Non, monsieur. Seulement, hier, dans Taprès* midi, il a mangé, pour son goûter, un cochon de lait aux champignons.
DON MARTIN
Cela suffit.
PÉRICO.
Je le crois bien , c'est plus que suffisant. Ce platlà eût donné une indigestion à la statue du Commandeur.
DON MARTIN
C'était aussi d'une légèreté ! . . .
PÉRICO.
Dans la soirée , sur les onze heures et demie , il lui a pris une fièvre de cheval; si bien que nous pensâmes qu'il allait partir au galop. Puis sont arrivés les convulsions 9 le hoquet, le délire. Dieu! quelle nuit, monsieur! Nous étions tous abasourdis; toute la maison était sens dessus dessous. Enfin, grâce au ciel, nous parvenons à rassembler trois docteurs, l'élite de nos puits de science, connus pour encombrer de cercueils toutes nos églises ! Les voilà qui font leurs salamalecs , qui prennent du tabac et qui citent du grec ; et quand ils s'aperçoivent que, malgré tous ces remèdes , leur malade ne veut pas guérir, ils lui prescrivent... rextrême-onction, et le saluent. . . en empochant l'argent !
3m LA FAUSSE DÉVOTE.
DON MARTIN
Quelle (catastrophe !
PÉRIGO.
La plus terrible qui pût nous assaillir... S'il vous plaisait de me gratifier de ce que vous chante...
DON MARTIN , idlant pour aortir et le ravisaBt.
Et cette pauvre doua Vicenta, comment va-t-elle?
PÉRICO.
Vous demandez comment elle va! elle fait pitié... S*il vous plaisait de me gratifier...
DON MARTIN
Oui , à la minute même , si toutefois vous me permettez d'aller chercher les espèces.
PÉRICO.
Que Dieu vous conduise , monsieur !
(Don Martin sort)