SCENE XIII
DON LUIS, DON CLAUDE
DON CLAUDE , à part.
Comment! il n'a pas encore décampé, ce vieux? Quel traînard!
DON LUIS
Ah çà, mon garçon , que t'écrit ton père?
DON CLAUDE
Qu'il est décidé à venir à Tolède , et qu'il sera ici demain vers l'heure du souper, ou après-demain à l'heure du dîner.
DON LUIS
Il me procure par là un grand plaisir.
DON CLAUDE
Et à moi donc !
DON LUIS
Nous sommes de vieilles connaissances; mais il
y a bien dix années que nous ne nous sommes serré la main. . . Oui , dix bonnes années !
DON CLAUDE , à part.
Estrce que le cher homme ne pourrait pas rester tranquille dans son trou?
DON LUIS
Tu dis?
DON CLAUDE
Rien... Que je suis agréablement surpris.
DON LUIS
Maintenant, cher Claude , il est de toute nécessité que demain, à la pointe du jour, tu montes à cheval pour aller à la rencontre de ton père. Cette marque de déférence, venant ainsi de ta propre inspiration, le charmera, j*en suis bien sûr.
DON CLAUDE
Moi aussi; mais vous comprenez... D'ailleurs il se peut faire qu'il s'arrête à Ciruélos.
DON LUIS
Eh bien ! tu le trouveras à Ciruélos.
DON CLAUDE
C'est que le curé est un peu de nos parents , cousin de ma mère, ou quelque chose d'analogue. Attendez donc... Est- il bien son cousin? Tout ce qu'il y a de plus cousin, ma foi !
DON LUIS
Et qu'a de commun cet-te parenté avec ton d<*part de demain?