‹ Les ComédiesChapitre 282 sur 405 · ACTE llï , SCÈNE ÎI. >i:jÔ · texte numérisé non relu

ACTE llï , SCÈNE ÎI. >i:jÔ

supérieures, témoigne zèle et obéissance, et traite les autres religieuses comme si elles étaient tes sœurs.

DON A CLARA

f Mais mon père, elles le sont en Jésus-Christ.

DON MARTIN

C'est ce que je veux dire. Aime-les bien , et, de plus, je te recommande de ne jamais entrer dans les caquetages, dans les disputes: oh! rien de pareil, ma fille , de ta part ! Enfin , ne cesse d'observer tout ce que prescrit la règle ; car c'est en cela que consiste une conduite sainte et honnête. Autrement, vois-tu, le tentateur...

DONA CLARA , avec une terreur feute.

' Hé quoi, mon père, le tentateur... !

DON MARTIN

Il guette l'occasion ; il couve sa victime. . .

DONA CLARA

Que Dieu nous soit en aide !

DON MARTIN

Il nous tend mille pièges, mille embûches.

DONA CLARA. '

Oh! oui, le traître s'acharne uniquement à la perdition des Ames; et notre chair est faible, et le monde un amas de tromperies et d'artifices. . . Hélas ! mon père !

(Elle saisit toute tremblante les mains de don Martin. )

DON MARTIN

Du calme, cher trésor! Ne t'alarme point ainsi. Du calme ! Va : chez toi , si tu sais garder ton cou-

rage, Satan se cassera le nez à la porte, ooouue disait cet autre.

DON A CLARA

Nos cœurs sont si fragiles !

DON MARTIN

AUons, allons, c'est par trop, ma fille. Que diable ! on ne peut plus dire un seul mot sans que tu... (Il rembrasse.) Pauvre ange ! . . . Or çà , maintenant je veux voir si nous n'avons pas quelques lettres de Séviile. J'avais prié ton oncle de se charger de ce soin; mais, avec la lenteur qui le caractérise, j'aurai le temps, pour sûr, d'enrager avant qu'il les apporte.

DON A CLARA

Votre main, mon père^

( EUe s'ageikoaiUe, et lut baise la main.) DON MARTIN.

Adieu, mon enfant!

DONA CLARA

Que le Seigneur nous conserve en sa sainte grâce! Moi , je me rends à l'oraison mentale , qui aujourd'hui , un vendredi , sera heureusement fort longue.

(Elle sort)

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