‹ Les ComédiesChapitre 285 sur 405 · ACTE III, SCÈNE IV. ii · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV. ii

DON LUIS

Vous me quittez ainsi? Approchez donc quelques instants.

DONA CLARA

Mon oncle !

DON LUIS

Venez c^, mademoiselle, et répondez. Pourquoi sans cesse ces airs farouches ? Lorsque le diner nous rassemble, vous ne m'adressez même pas la parole. Tout le reste du jour vous vous barricadez dans votre chambre; et si quelque hasard vous fait rencontrer ma figure , vous fuyez du plus loin que vous l'apercevez. Que veut dire cela? Êles-vous fâchée à ce point. . . ?

DONA CLARA

Moi, fâchée? Le ciel m'en préserve!

DON LUIS

Comment! A l'heure où vous allez vous séparer de votre famille, et nous abandonner pour toujours', c'est ainsi que vous me traitez, Clara?

DONA CLARA

Oh! pardon, mon cher oncle; je vous demande humblement pardon.

(Elle veuts*ageiiouiUer> don Luia la retient.) DON LUIS.

Pour Dieu, mon enfant, levez-vous; je déteste les simagrées! Voyons, parlez-moi, mais là... à cœur ouvert. Vous trouvez-vous heureuse?

* Allnnon au noviciat projeté de dona Clara.

donà claka.

Je sens tressaillir mon âme d'une telle allégress(\ 1 qu'il m'est impossible de l'exprimer par mon langage.

DON LUIS

Je supposais, moi, que la crainte de votre piMo vous commandait la réserve et l'abnégation, biea qu'au foi^d votre vrai sentiment fi!lt la répugnance.

DONA CLARA

Juste ciel ! . . . Mon oncle !

DON LUIS

Les jeunes filles bien élevées se résignent fort souvent à de semblables sacrifices.

DONA CLARA

Moi, je n'ai point ce mérite.

DON LUIS

Et pourquoi ?

Parce qu'il n'y a pas le moindre effort de ma part. J'obéis aux désirs de mon père, tout en suivant ma vocation.

DON LUIS

Voilà qui est merveilleux !

DONA CLARA

Hé quoi, mon oncle ! cet aveu vous étonne? Mais, en vérité, je ne vous comprends plus.

DON LUIS

Une jeune personne d'un extérieur des plus agréa-

Page 1