ACTE iif, SCÈNE IV. M
bles, d'iin caractère enjoué, et qui à chaque minute peut recueillir un héritage dont Tétendue assurera sa fortune, abdiquer ainsi ce brillant avenir, et renoncer à tant de jouissances pour s*enterrer dans une cellule et faire au monde des adieux étemels ! Oh ! nous n'avons pas de milieu ici : ou cette jeune personne est une intrigante de première classe , ou bien c'est une sainte. Voyons, ma nièce , si votre propre inspiration ne vous guide point, pourquoi tromper celui qui est prêt à vous servir, celui qui vous aime de tout son cœur, malgré vos défauts? Ces cheveux blancs n*éveillent donc pas en vous assez de confiance ?
DONà CLÀEii.
Mais quelle voix calomniatrice a pu...
DON LUIS
Ingrate !
Ah! que de perfidies met en oeuvre l'esprit du mal, pour me faire tomber enfin dans le péché! N'importe! il ne lassera point ma constance, car i Dieu combat pour le faible. . .
DON LUIS
Assez , mademoiselle ! Je vous le déclare une bonne fois, j'ai en horreur les subterfuges. Est-ce bien à moi que vous osez réciter vos bribes de sermon ? Vous voulez donc m'irriter sérieusement i Et si je vous abandonne^ Clara, qui donc saura montrer cette force et cette tendresse pour vous protéger contre l'étrange obstination de votre père? Qui
essayera, comme moi, de vaincre ses fureurs, et de saisir toutes les circonstances qui se présentent pour soutenir vos intérêts et vous défendre ? Cette idée fixe que l'ignorance a clouée dans la tête de mon frère, et, plus encore, votre beau plan de conduite, je veux dire votre hypocrisie et votre bigoterie, vous ont créé une telle situation, que je me demande comment vous allez vous tirer de ce labyrinthe. Mais, croyez-le bien , il est temps de ce&ser toute cette comédie ; il faut que votre père soit convaincu que vous n'avez aucun goût pour la vie contemplative , et qu'enfin vos inclinations vouj appellent à une autre existence où vous pourrez vivre tranquille et honorée, où vous pourrez devenir une bonne mère , une bonne épouse , une bonne chrétienne !
DON A CLARA
Moi, mon oncle? Que dites- vous?
DON LUIS
Je dis que si alors mon frère refuse d'entendre raison, s'il divague encore comme c'est son habitude, vous trouverez en moi tout l'appui dont vous aurez besoin ; et à nous deux , Clara... Vous voyez donc bien , mon enfant, que le moment est venu de jeter le masque de la dévotion , de bannir le mensonge, et de dépouiller Tapparence de ces perfections qui vous sont étrangères. Ayez*les, mais ne les singez pas!
DONA CLARA
De grâce, mon oncle... !