‹ Les ComédiesChapitre 313 sur 405 · UR · texte numérisé non relu

UR

L'apogée de la gloire de Moratin date de la première représentation du Oui des jeunes Ft7/es,qui eut lieu au théàti-e de la Cruz le M janvier 1806. Les rôles , le langage et la portée morale de cette charmante comédie excitèrent un véritable enthousiasme. Elle fut jouée vingt-^ix fois de suite, et la venue du carême , pendant toute la durée duquel les spectacles étaient fermés, put seule interrompre ce nouveau triomphe.

Les habitants de Madrid se pressaient encore pour aller applaudir Maria Ribéra dans le râle principal^ que déjà les troupes de province avaient monté la pièce ave<*. un ensemble parfait; Saragosse même, trop impatiente pour attendre ses acteurs, forma ep quelques jours une troupe A^ aficionados; et ces artistes improvisés parvinrent à représenter le Oui des jeunes Filles au milieu des bravos d'un auditoire nombreux.

Durant la seule année 1806, cette comédie eut quatie éditions, aussitôt enlevées par le public de la capitale.

Le nom de Moratin fut placé dès lors à côté de ceux des plus illustres génies dramatiques, et ses ennemis cachèrent en silence leur honte et leurs vaines fureurs.

Après le Oui des jeunes Filles, le grand poète ne donna plus au théâtre espagnol que deux pièces traduites de Molière^ L'École des HÊarii y en 1812, et le Médecin tnalgré lui {el Médico âpalos), en 1814. Il était impossible de prouver par un hommage plus éclatant son respect pour la mémoire du maître ; et , comme nous Pavons dit dans notre introduction : u A la même époque oii la muse de Racine trouvait en Allemagne pour interprète Schiller, le génie de Molière rencontrait vn Espagne, pour émule et pour imitateur, Lkax 1)110 Moratin. »

PERSONNAGES

DON DIÈGUE. RfTA.

Page 1