ACTE !, SCÈNE I
Eh bien, tu fes fourvoyé d'une élrango façon.
SIMON
Admettons alors que je n'aie rien dit.
Voyez un peu la belle trouvaille! M'amuser à marier dona Paquita avec cet autre ? Par exemple ! que cet autre aille étudier ses mathématiques.
SIMON
Mais il les étudie, vos mathématiques ; bien mieux , il les enseigne.
Qu'il aille cueillir des lauriers, et qu'il me laisse. . .
SIMON
Des lauriers! Mais quel paquet de lauriers vous faut-il donc, après que ce jeune officier, dans la dernière guerre, avec une poignée de braves, s'est emparé de deux batteries, a encloué les canons, a fait plusieurs prisonniers, et s'en est retourné au camp, couvert de blessures et de sang des pieds à la tête ! Eh ! monsieur , vous étiez infatigable alors pour exalter le courage de votre neveu; et, à plus de quatre reprises, je vous ai trouvé vei'sant des larmes de joie à cette grande nouvelle, que le roi avait récompensé don Carlos par le grade de lieutenant-colonel ' et la croix d'Alcantara.
I Con ei giado de tenienle-coroHcl. Le roi confère ici à dou (larlos le grade de licutenant-colone). Néanmoins on voil plus lard le soldat
t^H LE OU! DES JEUNES FILLES.
DON DltG^E.
Oui, mou ami, fout cela est historique; mais tout cela Q*a que faire dans la circonstance, attendu que c'est moi qui me marierai.
SIMON
Bien, bien, si vous êtes sûr que la jeune personne vous adore, que vos cheveux gris lui plaisent, que son choix est libre...
DON niÈGUE.
Et comment ne le serait-il pas? Que servirait de me tromper? Tu as vu comme moi la religieuse de Guadalaxara. Est-ce une femme d'assez de jugement ? Et quant à notre religieuse d'Âlcala , quoique je n'aie pas l'honneur de la connaître, je puis te répondre qu'elle est douée d'excellentes qualités. Écoute encore : Dona Irène doit-elle se montrer assez inquiète du bonheur de sa fille? Eh bien, chacune de ces braves dames m'a donné toutes les garanties imaginables. Sache enfin que la suivante , qui était déjà au service de dona Paquita à Madrid, et qui, pendant plus de quatre années, est restée auprès d'elle dans le couvent, ne tarit pas en louanges sur sa maîtresse : « Jamais.
CaUmocba appeler tout bonnement son maître mi UnkMU^ etéoB Carlos être traité dans toute la pièce comme un simple lieuteoaot C*est que ce grade de lieutenant-colonel n'est encore qu'une distinction honorifique octroyée- pour une action d'éclat : la grior royale produira son véritable effet lorsque le Ueutenantdon Cark» aura réellement atteint le rang de lieutenantroolonel. A cette époque, son ancienneté dans l'emploi datera du jour de sa nominatîoo au grade. Ceux qui sont l'objet de pareilles faveurs se nomnenl aujourd'hui encore, dans l'armée espagnole, l^ grwfuifdas.