‹ Les ComédiesChapitre 320 sur 405 · ACTE I, SCËNB l · texte numérisé non relu

ACTE I, SCËNB l

m'a-l-eUe répété encore, jamais je n'ai observé dans cel ange du bon Dieu la moindre apparence d'inclination ponr aucun de ces hommes que paiM^i parlà elle a pu entrevoir dans cette retraite... Broder, coudre, lire des livres de piété, entendre la messe, courir dans tes jardins après les papillons , ou bien jeter de Teau dans les trous creusés par les fourmis, voilà quels ont été ses occupations et ses amusements... » Mais que dis-tu, Simon?

SIMON

Moi? rien, monsieur.

I^, penses-tu, par hasard, que je me sois endormi sur toutes ces sécurités ; que je ne saisisse pas toutes les occasions qui se présentent, pour faire naître Tamitié , la confiance de la jeune fille , et pour obtenir qu'elle s'explique envers moi avec la liberté la plus complète ? Or , en sofome , le temps ne presse point. Je regrette seulement que dona Irène ne laisse pas parler sa fille une seconde; Ton dirait que la parole n'existe que pour elle. Mais, au fond, c'est une bonne femme; oh! oui, bien bonne...

SIMON

Enfin , monsieur ^ je désire que toute l'affaire se termine à votre souhait.

DON DlàGUR.

C'est en Dieu que j'espère pour que les choses ^vent le meilleur cours, quoique, à ['entendre, le futur ne soit guère de ton goAt. Ah! mon gar-

çon , l'heureux à*propos que tu as eu de me rappeler monsieur mon neveu ! Mais tu ne sais donc pa^ que je suis des plus courroucés contre lui?

SIMON

Voyons , quel est son crime ?

DON DIÈOUE.

11 a encore fait des siennes, et ce n'est que sous une date récente que j'ai été informé de ses nouveaux exploits. L*an passé, tu en fus témoin, il re«la pendant deux mois auprès de nous à Madrid. Et, par le ciel ! la visite me coûta assez cher ! Enfin , c'est mon neveu, et je ne pleure pas mes doublons. Mais nous voilà au beau de l'histoire. Le moment sonne pour le jeune homme d'aller à Saragosse rejoindre son régiment. 11 nous quitte ; et tu te souviens que , fort peu de jours après son départ de la capitale, je reçus avis de son arrivée là-bas.

SIMON

Oui, monsieur.

DON BIÈGUE.

Et dès lors sa correspondance, quoiqu'elle ne brillât point par un excès de zèle, nous parvint toujours datée de Saragosse.

SIHON

Oh ! c'est exact.

DON DlàGUE.

Par malheur, le gaillard n'était pas plus que nous à Saragosse , lorsqu'il barbouillait toutes ses belles épîtres.

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