‹ Les ComédiesChapitre 323 sur 405 · ACTE I, SCÈNE lli · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE lli

C'est aujourd'hui que nous avons eu une chaleur tropicale !

DON A IRÈNE

Et quelle délicieuse fraîcheur régnait dans ce parloir! On se serait cru dans le paradis... (Dona

FraDcisca prend place à côté de dona (rêne.) Ma sœur, à la

vérité, continue toujours d'avoir une santé fort délicate; elle a vivement souffert l'hiver dernier... Mais, bah! une fois en présence de sa nièce, il n'a plus été question que de la couvrir de baisers... La chère dame est ravie de notre choix.

Je suis charmé qu'il reçoive ainsi l'approbation de ces bonnes religieuses, auxquelles vous lient des obligations particulières.

DONA IRÈNE

Oui , la tante d'ici est enchantée ; et quant a la tante de là-bas , vous savez vous-même à quoi vous en tenir. Oh ! combien lui a coûté cette séparation ! Maisque voulez-vous? elle s'est vite convaincue que c'était pour l'avenir de ma fille, et il a bien fallu en passer par là. Vous vous rappelez dans quels termes elle nous assurait de sa tendresse ; vous vous souvenez...

J'en ai gardé bonne mémoire, madame. Mais l'essentiel pour nous, c'est que la partie la plus intéressée vienne mêler l'expression de sa joie aux vœux de tous les cœurs qui lui sont dévoués.

5i0 LE OUI DKS JEUiNES FILLES.

DOUA IRtoVS.

Ob ! c'est une fiHe obéissante, et jamins il ne lui viendra dans Tidée de s'écarter des dédsions de sa mère.

Je n'en disconviens pas; mais encore...

DON A IRÈNE

Elle est sortie d'un bon sang , et dès lors elle est tenue de penser en honnête personne, et de se conduire avec l'honneur qui sied à sa position.

Fort bien, madame; mais ne pourrait-elle, sans mentir ni à son sang ni à son honneur. . . ?

DONA FRANCISÇA, se levaot.

Dois-je vous laisser, maman ?

DONA IRÈNE , à don Diëgue.

Elle trahirait l'un et l'autre, monsieur. (DooaFrancisca se rassied. ) Une demoiselle bien élevée, issue de parents respectables, n'a qu'une chose à faire: c'est de se soumettre en tout et partout aux règles que lui dictent les convenances et le devoir. Cette douce enfant, telle que vos yeux l'aperçoivent, est la vivante image de son aïeule — que Dieu ait la chère âme ! — dona Géronima de Péralta. Son portrait est chez moi , et vous avez dû l'y voir. On le peigmt, d'après ce que me raconta un jour l'illustre dame elle-même , pour envoyer la toile à son onde, le père Sérapion de Saint-Jean €hrysostome, évêque élu de Méchoacan.

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