‹ Les ComédiesChapitre 338 sur 405 · ACTE I, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IX

DON A FRARCISCA.

Elle est encore à écrire.

RITA

Il faudra pourtant qu'elle cesse bientôt, car voilà la nuit qui arrive. En deux mots, mademoiselle, ce que je viens de vous raconter est la pure vérité. Don Félix est ici, il est à Alcala.

DONA FRANCISCA

Serait-il possible? Ah! ne me trompe pas!

RlTA.

Voilà son logis. . . Calamocha vient d'avoir un entretien avec votre servante.

( L^obscurité descend peu à peu sur le théAire. )

DONA FRANCISCA

N'est-ce pas un rêve?

RITA

Eh non, mademoiselle... Notre soldat est reparti pour aller chercher son maître...

DONA FRANCISCA

Ainsi, Rita, il m'aime! Ciel! que nous avons sagement fait de l'avertir! Mais admire donc cette galanterie chevaleresque! Au moins, est - il arrivé en bonne santé? Franchir un si long espace seulement pour avoir le plaisir de me voir, et uni* quement parce que tel était mon ordre! Ah! quelle dette j'ai contractée envers lui ! Mais je lui promets qu'il n'aura pas servi une ingrate. Oh! oui, pour toujours reconnaissance et amour ! *

RlTA.

Je vais aller chercher des lumièi'es , et je ferai en

sorte d'être retenue en bas jusqu'au retour de ces messieurs. . . Je verrai alors ce que dit le jeune homme , et comment il pense agir ; car ^ nous nous rencontrons tous ainsi dans la même bagarre, il pourrait bien en résulter un furieux sabbat entre la mère, la fille, le futur, et l'amant; et pour peu, mademoiselle, que nous engagions mal la contredanse, nous risquerons fort de rester sur le carreau.

DONA FRAMCISCA.

Je conçois tes alarmes... Mais non, Rita ! Don Félix a tant de résolution et tant d'esprit, qu'il saura bien tout diriger pour Id mieux... Ah çàl comment feras-tu pour me prévenir? Songe que je veux le voir dès qu'il aura le pied dans la maison.

RITA

Rapportez- vous- en à moi, mademoiselle. Je vous l'amènerai ici même; et sitôt que vous entendrez cette petite toux sèche... Est-ce compris?

DONA FRANCISCA

Oui , c'est parfait.

RITA

Eh bien! alors il ne s'agira plus que de trouver une excuse pour vous é^chapper de la chambre. Moi , peudant ce temps , je tiens compagnie à 'votre respectable mère, je lui parle de tous ses maris défunts, de tous ses frères de beaux-frères en vie , de l'é^êque qui est mort sur les flots de TOcéan, et caetera. Au surplus, du moment que «Ion Diègue nous honore de sa société...

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