DONA IRÈNE, DONA FRANCISCA
DONA IRÈNE
Allons! nul doute que don Diègue aura rencontré du monde , et que c*est là la cause de cette longue absence. Car don Diègue, ma fiUe, est la sagesse personnifiée et l'exactitude même. Et puis quel bon catholique ! quel ton aimable ! quelle con» versation polie ! quelle noblesse et quelle générosité dans ses manières! Il est vrai qu'un homme à la tête d'une pareille fortune et de tant de vastes ressources!... Ah! si tu voyais sa maison! Grâce à lui , tout y brille comme de l'or. Cela tient du pro-
Ui }£ OUI DES JEUNES FILLES.
dige. Ensuite quel luxe de linge! quelle batterie de cuisine! et enfin, quel garde-nianger rempli de toutes les bonnes choses du bon Dieu ! Mais sais-tu ique tu ne m'écoutes pas plus que si je parlais à cette Ichaise?
DOMA FRANGISGA.
Pardon , ma mère , je vous écoute. Seulement, je [craignais de vous interrompre.
DON A IRÈNE
Là , ma chérie , tu seras comme le poisson dans ^ Teau, et, sur un signe de toi, les ortolans te tomberont tout rôtis dans la bouche; car puisqu'il t*aime avec une telle passion , lui un cavalier si parfoit et si pénétré de la crainte du Seigneur... Mais, sur mon âme , Paquita , je me fatigue de voir que, chaque fois que je t'entretiens de cet intéressant sujet, tu affectes de ne pas répondre une seule syllabe. N'est-ce pas une manie par trop bizarre, juste ciel?
DON A FKANCISCA.
Mon Dieu, maman, ne vous fâchez point!
DONA IRÈNE
Le bel entêtement , d'honneur ! Et crois-tu que je ne devine pas la cause de toutes ces lubies? Ne sens-tu point que j'ai démêlé une à une toutes les folles idées qu'on a fourrées dans cette tête de linotte ! Que le Seigneur me pardonne !
DONA FRANCISCA
Mais, maman, qu'avez-vous découvert?
DONA IRÈNE
Ah! tu veux me tromper, moi? Hélas! eofaut,