DON JUAN, DON A BÉATRICE
DON JUAN
Quels détours adroits ! De ma vie je n'en ai au* tant enduré d'un sot.
POMA BÉATRICE
Ginès a déjà enlevé jusqu'au moindre de vos objets, et j'ai conclu, de divers indices, que vous nous quittiez tous deux. Si je puis vous être utile de quelque manière, don Juan, disposez de moi à votre aise. Je vous connais , je vous chéris depuis votre jeune âge, et je ne souhaite que votre bien. Ne me dites pas le motif de votre départ. . . je le soupçonne et ne vous le demande point. Mais persistez dans votre projet : éloignez-vous ! Si vous n'avez pas de demeure où vous installer^ vous aurez toujours la mienne. Seu^* lement, si vous tenez à vous établir à Cadix, résolution que je suis loin d'approuver, si vous restez enfin, il faut diriger vos pensées d'un autre côté.
(Don Juan s'asûed suf ime des chaises.) Yos amis. . . ils sont
nombreux et bienveillants; ils sauront vous distraire. Ne fournissez point de prétexte à la médisance. C'est un crime de troubler la paix d'une mai* son , d'en chasser l'amour et la tranquillité, pour y introduire la discprde. Si vous avez aimé Isabelle, il est temps de l'oublier. Isabelle a un mdri ; elle n'est plus à vous.