‹ Les ComédiesChapitre 36 sur 405 · ACTE II, SCÈNE ni · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE ni

IKm JUAN.

Ah ! si uQ misérable n'avait pas mis en œuvre les stratagèmes les plus honteux , je ne la verrais pas aujourd'hui entre les bras d'un autre ; elle se» rait dans les miens. Puisque nos âmes étaient faites pour s'aimer, puisqu'elles devaient être unies par le lien le plus étroit, faUaitril donc, hélas ! les séparer? Qui a pu rompre de tels noeuds ? 0 supplice !

DONA BÉAIVICE.

La blessure est toute récente, et votre douleur ne me surprend pas. Mais vous finirez. . .

DON iUÂN.

Et ils vous disent que sur cette terre il y a une justice, des vertus ; ils osent parler du respect de la religion ! ... Se prévaloir de la sainte autorité des lois pour traiter en esclave un cœur pur et tendre , où i l'amour régnait déjà ! Quelle infamie, quel sacrifice barbare ! La pauvre enfant ! Troublée à la fois par la pudeur et par le sentiment de sa dépendance, craintive, trompée, abandonnée, elle devait se soumettre. Tout était déchaîné contre mon Isabelle. Moi-même, sans rien connaître, séparé d'elle par un espace de cent lieues , je me trouvais en proie à mille pressentiments lugubres. La jalousie la dévorait quand j'étais innocent , et elle luttait encore contre tant de perfidie ! Infortunée, quelle affliction , quel désespoir pour toi ! Et maintenant me diront-ils toujours : « Sur cette terre il y a vertu et piété ?» Oh ! je ne les crois plus.

(il n lève tout agité, et appelle en s'approchant de la porte de droite.)

DOMA BÉATRICE.

Grand Dieu ! je me sens une frayeur mortelle. Don Juan, mon cher fils, quels traits décomposés, quels regards farouches !

DON JUAN

Ginès !

DONA BÉATRICE

Un homme qui a de la raison doit savoir...

DON. JITAN.

Ginès !

DONA BÉATRICE

. Quoi ! vous ne m'entendez pas ?

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