‹ Les ComédiesChapitre 355 sur 405 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

tranquille, car votre réputation doit être préservée avant tout.

DONA FRANCISCA

Si vous saviez combien ma mère tient à réaliser cette union ! . . .

DON CARLOS

Oh! ne vous en inquiétez point.

DONA FRANCISCA

Elle veut que le mariage se célèbre immédiatement après notre arrivée à Madrid.

DON CARLOS

Un mariage?... Halte-là, et entendons-nous.

DONA FRANCISCA

Oui , tous deux sont d'accord, et ils disent. . .

DON CARLOS

Bien! qu'ils le disent... Mais que cela se fasse, c'est impossible.

DONA FRANCISCA

Maman ne me parle que pour me prêcher cette alliance. Elle va jusqu'à me menacer, et elle me tient dans un effroi continuel. Lui, de son côté, insiste, et il m'accable d'offres et de promes-

Et VOUS, que lui avez-vous promis en retour? De l'aimer avec une constance sans pareille ?

DONA FRANCISCA

Ingrat! est-ce ainsi que vous me connaissez?... Ah! l'ingrat!

.MU» LR OUI Dfô JKUNRB FILLES.

BON CAHLOS.

Oh! oui, je vous connais, Paquita, et je sais que j'ai été votre premier amour.

DONA FRANCIëCA.

Et vous serez le dernier.

nON CARLOS.

Ah ! phitôt perdre la dernière goulte de mon sang que de renoncer à la place que je possède dan» ce cœurl... Mais que dis-je? N'est-il pas à moi toul entier, oui, tout entier?

( il lui presse la maio.) DON A FRANCISGA.

A qui voulez-vous donc qu'il appartienne? *

DON CARLOS

(Charmante Paquita ! De quelle douce espérance vous remplissez mon âme ! Un seul mot de votre bouche me ranime et me rassure... Oh! maintenant je défie l'univers! Mais, en tout cas, me Aoilà à vos ordres. Vous m'appelez pour que je prenne votre défense, que je vous délivre de (Ttte tyrannie, et que je tienne enfin ce tendre serment mille et mille fois renouvelé !... Mais c'est Tunique but de mon voyage... Si l'on part demain pour Madrifl, je pars pour Madrid! Là, votre mère apprendra bientôt qui je suis , car là je puis compter sur l'affection d'un vieux parent digne de tout mon respect et modèle de toutes les vertus. Ce parent, je le nomme mon oncle, mais je devrais plutôt dire mon aini et mon père. D'alx)rd^ il n'a d'héritier ni plus aimé ni plus direct que

Page 1