ACTE 11, SCÈNE IX. 56J
CAL AMOCHA, entrant par la porte du fond;
Sauf votre respect, monsienr, nous avons d*al)ord un demi-chevreau rôti. Quand je dis chevreau, je n*en juge que sur les apparences. Nous avons ensuite une magnifique salade de cresson , sans tueloup ni autres matières étrangères; elle est lavée comme il faut , secouée avec art et assaisonnée par ces mains indignes , au point de vous faire venir Teau à la bouche. Finalement, du pain de Méco ', du vin de la dlme. . . Ainsi donc, pour peu que monsieur juge opportun de souper et de dormir, il me semble que ce serait le moment. . .
DON CARLOS
Eh bien, marchons. Mais oii se met-on à table?
CAL AMOCHA .
En bas , monsieur ; seulement, en guise de table j*ai fait dresser une espèce de machine étroite et vacillante, qui ressemble à l'établi d'un maréchal.
( Rita entre par la porte du fond avec plusieurs assiettes, une soupière, des cuillers et une serviette.)
Qui est-ce qui veut du potage?
DON CARLOS
Bon appétit !
CAL AMOCHA.
S'il existe quelque part une infante qui daigne venir souper avec du chevreau, qu'elle lève la main !
' Meco, village situé à une lieue d' Alcala de Henarès. Le pain qu'on V fait est renommé dans toute l'Espagne.
SM Le oui des jeunes filles.
RIT A
L'infante s*est déjà payé la moitié d'une casserole de petites boulettes... Mais elle n'en est pas moins touchée , monsieur le militaire !
GÀLAMOCHA.
Je suis heureux si je te touche , prunelle de mes yeux!
( Rita passe dans la chambre de dona Ireoe.)
DON CARLOS
Eh bien, mon ami, descendons-nous?
( Au moment où Galamocha veut enjamber Tescalier du fond, il recule avec effroi, et révient.)
CAL AMOCHA.
Àhl peste, peste, peste! Monsieur, chut! silence! Je vous dis. . .
(il s'approche de don Carlos.)
Qu'est-ce donc?
CALAMOCHA, bas à doli Carlos.
Ne voyez-vous pas cet être qui s'avance vers nous?
DON CARLOS
C'est Simon?
CALAMOCHA.
En chair et en os. Mais, de par tous les diables, tfoù sort-il?...
DON CARLOS
fit comment agir avec lui?
CALAMOCHA.
Que sais-je ? Il faut le faire bavarder, il feut mentir, il faut... Tenez, me donnez-vous carte blanche, monsieur?