ACTE III, SCÈNE VIII
tradiction profonde En premier lieu , vous n*avez aucun goAt pour l'existence du ck)Ure : ceci me parait assez clair. D'un autre côté, vous m'assurez que vous n'avez aucun sujet de plainte à élever contre moi ; vous êtes certaine , n'estrce pas ? de la grande estime où je vous tiens ; votre cœur est libre ; personne, en un mot, ne me disputera l'heureux sort d'être votre mari ? Mais , alors , pourquoi ces larmes ? d'où naît cette tristesse amère , grâce à laquelle , en moins de rien , votre charmant visage est devenu à peine reconnaissable ? Sont-ce là des augures qui me promettent d'être seul aimé de vous , qui me fassent espérer que , sous peu de jours , vous m'épouserez avec joie ? Est-ce donc ainsi que s'annoncent l'allégresse et l'amour?
DON A FRANCISCA
Ah ! monsieur, sur quels motifs s'appuient de pareilles défiances ?
Vous me le demandez! Mais si je fais bon jnarché de toutes ces considérations , si , malgré tout , je presse les préparatifs de notre mariage , si votre mère continue d'y applaudir, et si le moment solennel arrive...
DONA FRANCiSCA.
Alors je ferai ce que ma mère me commande , et je vous donnerai ma main.
DON DIÈGUK.
Et après , mademoiselle ?
DOMA PRANCISCA.
Après ! . . . Tant qu'il me restera un souffle de vie , je ^esm une honnête femme.
DON DIÈGI}R.
Quant à cela , je n*en doute point , mon enfant. Mais puisque vous me regardez comme Thomme qui devra être votre compagnon d*existence , votre ami jusqu'à la mort, dites-moi, ces deux titres ne me donnent4Is pas le droit d'obtenir de vous une franchise entière? Ne parviendrai -je donc pas à connattre la vraie cause de votre mélancolie? Vous ne me ferez point l'injure de croire que je sois poussé par la curiosité : non , Paquita , ce que je veux, c'est m'employer à votre consolation, à votre bonheur présent, à la félicité de votre avenir, pourvu seulement que mes efforts et ma tendresse ne me trahissent point dans une si douce tâche.
DONA FIUNCISCà.
Bonheur, féUcité ! Ah ! ces beaux rêves sont perdus pour moi.
DON DIÈGUK.
Et pourquoi donc?
DONA FRANGISGA.
Pourquoi ?. . . Oh ! vous ne le saurez jamais.
BON DIÈGDE.
Quel obstiné, quel imprudent silence!... Mais vous devez bien comprendre que je n'ignore point ce qui se passe.