‹ Les ComédiesChapitre 393 sur 405 · ACTE IIÎ, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE IIÎ, SCÈNE X

DON DliGUE.

Un besoin absolu !

DON GARLOft.

Oui, mon oncle... Je lui dois de grands égards, et il m'était de toute impossibilité de m'en retour» ner à Saragosse sans m'fttre présenté chez elle.

Ah ! si c'était une nécessité tellement impérieuse... Mais venir relancer cette personne à trois heures du matin, vraiment c'est une étrange façon de se conduire!... Ne pouviez-vous pas lui adresser quelque lettre?... Cela me fait penser que je dois avoir là sur moi... Tenez, avec un petit billet comme celuici, et en choisissant seulement une heure plus convenable, vous auriez pu vous dispenser de lui faire passer à elle une nuit blanche, et à bien du monde un mauvais moment.

(Il lui donne le papier qui a été lancé de la rue. Don Carlos, atttsitdt qu*il le reconnaît, le Ini rend, et se lè\e comme pour sortir. )

DON CARLOS

Puisque vous savez tout, je ne comprends guère que vous me rappeliez ! Pourquoi ne pas me laisser poursuivre ma route, et éviter ainsi une explication qui ne saurait oflrir ni a vous ni à moi de bien grands charmes.

Votre oncte, monsieur, désire savoir ce que tout cela signiBe ; et il veut que ce soit vous qui le lui disiez.

612 LF: OUf DES JEUNES FILLES.

DON CARLOS

A quoi bon en savoir davantage ?

DiNf 01ÈGUE.

Parce que je le veux et que je l'ordonne. M'avez- VOU9 entendu ?

DON CARLOS

Je m'incline.

DON DliGUE.

Mettez-vou» là... Où avez-vous connu celte jeune fille ? Ou*est-ce que c'est que cet amour ? Quelles circonstances Tont fait naître ? Quels engagements existent entre vous deux? Où et quand l'avez-vous vue?

bON CAR LOS «

L*an pa^sé^ lor^ de mon trajet de retour vers Saragosse, j'arrivai à Guadalaxara sans la moindre intention de m'y arrêter. Mais l'intendant de la province , que j'allai visiter à sa maison de campagne, fit tant d'instances auprès de moi qu'il me retint pour toute la journée. U voulait célébrer l'anniversaire de naissance de sa femme, et Ton me promit de me laisser repartir dès le lendemain. Parmi les invités se trouvait dona Paquità, que l'intendante avait enlevtée ce jour-là au cloître , afin de lui procurer quelque distraction. Vous dirai-je ce que j'éprouvai à l'aspect de cette enfant ? Vous dirai-je quel trouble elle excita dans mon âme, quel désir constant, irrésistible de la contempler, de l'écouter, de me sentir près d'elle , de lui parler et de hii plaire enfin!... L'intendant, qui était en veine

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