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ACTE lU, SCÈNE X

mais si quelquefois, si souvent même vous la sur-

prenez ses beaux yeux baignés de larmes , c'est «pour moi que ces larmes couleront. Ne lui demandez jamais la cause de ses noirs chagrins. Cette cause y ce sera encore moi , moi seul ! Enfin y ces soupirs qu'elle s'efforcera vainement -de refouler dans sa poitrine^ ce seront des soupirs d*amour exhalés vers un ami absent !

Ah çà , monsieur ! jusqu'où pousserez-vous votre audace ?

(H se levé, et s'avance tout en colère vers don Carlos, qui fait quelques pas en arrière. }

DON CARLOS

Mon oncle, je vous l'avais bien dit... Il m'était impossible de proférer une parole sans vous blesser... Mais brisons là sur cet odieux sujet. Allons, vivez heureux^ et surtout ne me haïssez pas; car Dieu sait si j'ai jamais pensé à vous causer le moindre déplaisir. Du reste, la meilleure preuve que je puisse vous donner de mon obéissance et de mon res|x*ct, c'est de quitter ces lieux sans plus tarder. Mais ne me refusez pas ce seul allégement à nies peines : oh ! ne me refusez pas votre pardon !

Ainsi, c'est sérieux : vous vous en allez?

DON CARLOS

gUi

Je pars sur-le-champ, et cette absence sera Ion-.

«i8 LE OUI fies JEU9IES FILLES.

DON DliGUB.

Pourquoi, (^rlos?

Parce que le devoir me commande de ne plus revoir Paquita durant ma vie I . . . Oh ! si cette annonce d'une guerre prochaine pouvait se réaliser, oh ! alors. . .

DON DiiGUK.

Que voulez-vous dire?

( M prend don Carlos par le bras, et l'amène sur le devant de la hcèiie )

DON CARLOS

Rien... Que je désire la guerre, parce que je suis soldat.

DON DiisacE.

Carlos ! méchant enfant ! as-tu bien le cœur de me tenir un tel langage ?

DON CARLOS

On vient... et c'est elle peut-être... Adieu, mon oncle , adieu !

(U regarde avec inquiétude du coté de rappartement de dona Irène* se détache de don Oiègue» et vent sortir par la porte du fond. )

DON DIÈGUE , le retenant.

Et OÙ donc vas-tu courir ?... Non, monsieur, vous resterez !

DON CARLOS

Mais il le faut... Je ne dois plus contempler ses traits... Un seul échange de nos regards pourrait vous précipiter dans des inquiétudes mortelles.

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