‹ Les ComédiesChapitre 397 sur 405 · DONA IRÈNE, DON DIÈGUE · texte numérisé non relu

DONA IRÈNE, DON DIÈGUE

DOlfA IRÈNE.

Hé quoi ! seigneur don Diègue, est-ce déjà Theure de partir?... Bonjour, bonjour!... { Elle éteint la Inmwre

qui brûle sur la table. ) ËSl-ce que VOUS prieZ ? DON BIÈQUE , se promenant avec inquiétude.

Oui^ j'ai bien Tesprit à la prière en ce moment!

Si vous le désirez, ou peut vile mettre le chocolat sur le feu, et prévenir le conducteur pour qu*il Tasse atteler au premier signal... Mais qu'avez-vous enfin? Y aurait-il quelque chose de nouveau ?

DON DliGUE.

Oui , et de très-nouveau même.

Qu'est-ce donc? Parlez, pour Tamour du ciel! Oépéchez, dépéchez, monsieur! Si vous saviez quelle frayeur saisi! tout mon être ! Voyez- vous.

chaque bagatelle qui tombe ainsi sur moi à Timproviste suffit pour me tourner le sang. 11 faut vous dire que ^ depuis la dernière fausse couche que j'ai faite, il m'est resté une extrême irritabilité dans les nerfs; et il y a cependant dix-neuf années de cela, si ce n'est vingt. Mais depuis lors, figurez-vous que la moindre vétille me jette en pâmoison. Et ni les bains, ni les bouillons de couleuvre, ni la conserve de tamarin, non, rien ne m'a réussi. Or vous devez concevoir à présent. . .

Pour Dieu ! laissons là vos fausses couches et votre conserve... Nous avons un chapitre plus grave à entamer. Mais, avant tout, que font votre demoiselle et la suivante?

DO:SA IRÈNE

Elles sont en train de rassemblei* leui's eïfeis ei d'arranger notre malle, afin que tout soit prtH à point, et qu'il n'y ait pas le plus léger retard.

C'est au mieux. Veuilles prendre cette chaise, (lu s'asseyent tous deux.) Maintenant tâchez de n'être ni épouvantée ni bouleversée par rien de ce que vou$ allez entendre. Songez qu*il ne faut pas que notre bon sens nous abandonne au moment où nous en avons le plus besoin. Et d'abord, madame, votre fille se meurt d'amour...

I>0NA IRENK.

Eh bien! ne vous l'ai-je pas répété mille fois.

Page 1