ACTE III, SCÈNE XUI. ii
DON ROQUB.
Béatrice, toi qui as plus d'empire sur elle, au nom du ciel, cherche à. la ramener!
DONÀ BÉATRICE.
11 n'est plus temps , mon frère : toutes les représentations échoueraient. Qu'il te suffise de n'avoir reçu d'elle aucune offense, qu'il te suffise de la voir recourir à l'unique moyen de ne t'offenser jamais ; et puisque ton honneur est demeuré sans tache, laisse-la se réfugier dans une retraite où du moins elle ne te matldira pas.
DON ROQUE
Ainsi donc je vais rester sans femme , parce qu'il lui platl de faire à sa tête. Vous verrez que tout est de ma faute à présent ! Isabelle ! . . .
DONA ISABELLE
Mon parti est pris. Cédez à mes instances. Votre j considération exige que rien de tout ceci ne se ré- 'pande dans la ville. Croyez -moi, le secret et la * promptitude , voilà ce qui nous convient le mieux.
DON ROQUE
Tu as raison. Mais lue-moi donc tout de suite, car je n'ai plus qu'à mourir de rage.
Non, vivez, monsieur, et que le bonheur vous accompagne en toutes choses !' Pour moi , je serai contente de m'ensevelir dans cette solitude, où je pourrai assurer notre repos à tous deux . Partons, Béatrice !
DONA BÉATRICE
Frère, n'hésite plus, rends-toi à ses prières.
DON ROQUE
Munoz !
MU^OZ
Nouvel agrément!
DON ROQUE
Mais, voyons, Muno?:, qu'en dis-tu? Parle, mon garçon, pour Tamour de Dieu!
Mu5ioz.
S'il m'était démontré que la tranquillité put se rétablir entre vous deux sans réclusion*, sans le tour et les grilles d'un couvent, je vous dirais : Monsieur, refusez ! Mais puisque la difficulté est si palpable que chacifn la topche du doigt, je dis qu'il faut laisser partir votre femme, fût-elle une sainte Thérèse! Du reste, la chose saute tellement aux yeux, qu'il est inutile de dépenser plus de paroles. Elle part? Excellente idée. Elle se séquestre? A merveille ! Elle vous, délivre de vos casse-tête; et elle-même, assurée de» ne jamais revoir votre physionomie , se trouve aux • anges. Par ainsi dépêchons, et bon voyage!
DON ROQUE
Isabelle, tout espoir est- il donc détruit?
Oh ! je n'écoute plus rien.
DON ROQUE
Mais est-il possible que tu veuilles... ?
(n essaye de la retenir. IsabeUe se retire du côté de la porte ; puis, se tournant vers don Roque, elle lui adresse cesder* niëres paroles d'un ton à la fois passionné et décidé : )