ACTE I, SCÈNE I
DON ANTONIO
Ah! bien; j'y suis. C'est cette espèce d'hurluberlu qui fait des signes aux comédiennes, qui leur jette des bonbons dans leur chaise, lorsqu'elles passent ; qui tous les jours est à l'affût pour savoir quel est le théâtre dont la recette l'a emporté ; qui , depuis rinstant où il se lève jusqu'au moment où il se couche, ne cesse de parler des incidents de la saison d'été, de l'accoutrement de la Doublure, et de la valeur des Utilités ' .
^ PÉPÉ
Voilà le gaillard ! Oh ! oui , c'est un des amateurs les plus frénétiques , monsieur. Il arrive tous les ma-
' Le texte espagnol ent ainsi conçu : « Ese es aquel bullebuHe qiie hace ge$to$ à las càmicas, y las tira dulces à la silla cuando pa$a:v, y va todos los dias à saber qttien dià cuchUlada; y desde que se levanla hasta que se acuesta no cesa de hablar de la temporada de verano, la chupa del sobrescUiente, y las paries de par medio.
Et voici maintenant de quelle manière il a été rendu dans la collection Ladvocat des Chefs-d'anivre des Théâtres étrangers (10* livraison, page 270) :
« C'est cet hurluberlu qui fait des signes aux actrices, leur jette « des bonbons sur leur chaise *; court tous les jours pour savoir qui « A DONNÉ ou REÇU UN COUP DB COUTEAU ; qui , dcpuis l'iustant de « son lever jusqu'à celui où il se couche, ne cesse de parler de la « chaleur de Vélé^ du costume à\x principal piqueur de taureaux, et • des anecdotes scandaleuses. *»
Voilà donc, selon nous, cinq contre-sens dans cinq lignes ; et quatre de ces erreurs sont patentes. Nous pourrions citer une foule de passages du même genfe, et continuer des rapprochements exactement pareils a celui-ci ; mais tout ce que nous voulons prouver par cette longue note, c'est que notre traduction , en ce qui concerne les pièces déjà traduites avant nous, ne fait pas absolument double emploi.
* Depuis radml lustra lion du comte rl'Aranda (1767), il était défeiulu fl*inii-rpeller l«s actrices lursquViicB étaient fn M'ène, fl ilt* leur j^ltr des dragées igragea) sur ie tliéAtn*.
tins pour déjeuner dans cette salle , et alors il vous soulève une telle discussion avec les perruquiers, que c'est plaisir de les entendre ! Le déjeuner pris, il s'en va là-bas , là-bas , dans le quartier de Jésus. Aussitôt ils se réunissent quatre bons enfants; ils parlent spectacle, ils se chamaillent, ils rient et fument sous les arcades. Puis, don Sérapio introduit ses fidèles un peu par ici , un peu par là, jusqu'à ce qu'il sonne une heure. A ce moment on prend congé, et notre héros part pour aller dîner en compagnie du souffleur du théâtre.
DON ANTONIO
Et ce grand original est lié avec l'auteur de la comédie ?