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DÉTERMINATION DE L'ORBITE D'UNE COMÈTE

lious réitérées des astronomes. Nous voulons parler de la prédiction de la venue d'une comète.

Peut-on prédire l'apparition d'une comète quelconque?

C'est en ces termes que la question précédente a toujours été posée. Pour le public qui a foi dans la science astronomique, sans en posséder de suffisantes notions, l'affirmative ne doit pas faire de doute, et les savants qui se laissent surprendre par l'apparition d'une comète, manquent à tous leurs devoirs, à leur devoir d'observateurs si de simples amateurs ont eu la primeur de l'astre nouveau, à leur devoir de calculateurs géomètres s'ils ne l'ont point annoncé.

Eh bien, en général, ces reproches sont injustes, ils reposent sur une fausse idée du pouvoir de la science et de la nature vraie des orbites cométaires. Arago, qui ne laissait jamais passer l'occasion de détruire les préjugés antiscientifiques, a réfuté parfaitement cette erreur, qui n'en est pas moins encore fort répandue. C'était à l'occasion de la brillante comète de 1843, qui, apparue inopinément, n'avait point été annoncée par les astronomes de l'Observatoire, et pour cause. Essayons donc, après l'illustre secrétaire de l'Académie des sciences, de dissiper cette erreur du public autant qu'il est en notre pouvoir.

En nous reportant aux paragraphes précédents de ce chapitre, on peut voir que le plus grand nombre des comètes qui ont été vues et observées * depuis les temps les plus anciens jusqu'à nous, décrivent des paraboles ou, tout au moins, des ellipses si allongées qu'on peut assurer, ou que

1. Voir un astre et robserver sont deux choses parfaitement distinctes. Dans la longue liste des comètes dont la tradition fait mention , depuis Tantiquité jusqu'au milieu du xvm° siècle, époque où écrivait Pingre, le savant cométographe ne compte que soixante-sept comètes dont des observations un peu précises aient permis de calculer Torbite.

ces astres n'avaient jamais visité notre monde, ou qu'ils l'avaient fait à des époques antéhistoriques ; par la même raison, ils n'y reviendront jamais, ou, s'ils effectuent leur retour, ce sera à une époque si éloignée de nous qu'il est tout à fait oiseux de s'en occuper. En tout cas, il est évident qu'une comète, lorsqu'elle se présente ainsi pour la première fois en vue de la Terre, n'a pu être annoncée avant d'être aperçue ; aucune prédiction de son apparition n'était possible.

Voilà un premier point établi, qui s'applique, je le répète, à la grande majorité, non-seulement des comètes enregistrées, mais des comètes cataloguées, c'est-à-dire de celles dont les orbites ont pu être calculées avec plus ou moins de précision. Sur les 262 comètes distinctes du catalogue que nous publions à la fin de ce volume, 9 seulement sont des comètes périodiques dont le i*etour a été constaté par l'observation; une soixantaine d'autres ont des orbites elliptiques; encore la plupart de ces dernières sont si excentriques, qu'elles retombent, au point de vue qui nous occupe, dans la catégorie des comètes à orbites infinies.

Arago avait donc parfaitement raison de conclure ainsi, à propos de la question posée aux astronomes par quelques personnes étrangères à l'astronomie : « Est-il permis, disait-il, d'espérer raisonnablement qu'on pourra prédire un jour l'arrivée, dans notre sphère de visibilité, de comètes qui depuis des siècles restent comme perdues au milieu des régions les, plus reculées de l'espace ; que personne n'a jamais aperçues ; dont l'action sur les astres du système solaire est au-dessous de toute grandeur appréciable, tant à raison de l'excessive rareté de la matière vaporeuse qui les compose, qu'à cause de leur prodigieux éloignement ? Un astre se révèle aux hommes, en devenant visible ou en produisant des effets saisissables. Celui qui n'a jamais été vu,

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