COMÈTES SANS QUEUE
y distinguait trois ou quatre centres de condensation^ ou de noyaux brillants (voyez la figure 18, page 106).
La comète 1867 II, vue au télescope par M. Huggins, montrait cr une nébulosité ovale, entourant un noyau petit et peu brillant. Ce point brillant n'était pas au centre, mais voisin du bord oriental de la chevelure ^> . Nous verrons bientôt, dans la comète double de Biela, un noyau lumineux bien défini au centre des nébulosités qui composent chaque fragment. D'autres comètes télescopiques sont dans le même cas. En mai 1873, la comète de Tempel avait une tête oblongue avec un noyau central qui brillait comme une étoile de IS^^'à 13™® grandeur. La comète de Faye, vue à Marseille en septembre de la même année, quoique excessivement faible, avait un petit noyau bien net, rendant l'observation facile. Enfin la comète 1873 IV, découverte par M. P. Henry à l'Observatoire de Paris, était ronde, très-brillante, presque visible à l'œil nu avec une condensation centrale. On Ja voit sous cet aspect dans le premier dessin de la figure 32.
Nous avons vu des comètes dont le noyau brillait à l'égal de Jupiter; il y en a eu, que nous citerons, dont la lumière était plus éclatante encore. On voit donc que l'on peut passer par degrés presque insensibles des simples nébulosités sans noyau brillant, sans condensation lumineuse, aux comètes dont la tête surpasse en éclat les étoiles les plus vives. Nous ' trouverons une gradation pareille au point de vue des queues, depuis les comètes dépourvues de queue que nous venons de décrire, depuis les traces à peine visibles de ces appendices dans certaines comètes télescopiques , jusqu'aux immenses tramées lumineuses dont les grandes comètes de 1 680, de 1 769, de 1 811 , de 1 843, de 1 858, etc. , balayèrent le ciel pendant leurs apparitions. Tous nos dessins permettent de suivre à l'œil ces difiërences d'aspect.
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§ IV — Direction des queues des comètes
Direction des queues à l'opposé du Soleil ; découverte d'Apian ; les astronomes chinois connaissaient celte loi. — Déviations dans quelques comètes. — Variation d'aspect des queues selon la position relative de la comète, de la Terre et du Soleil. .
A propos de la directiou des queues, insistons sur un point important, sur un phénomène presque général, qui a été remarqué dans les temps les plus anciens. Sénèque disait déjà :
Comsc radios solis effugiunt,
les chevelures des comètes fuient les rayons du Soleil. D'après Edouard Biot, les astronomes chinois, dès Tan 837, avaient observé cette direction constante des queues à Topposé du Soleil. En Europe, ce fut Apian « qui s'aperçut le premier, dit Lalande, que les queues des comètes étaient toujours opposées au Soleil ; cette règle fut confirmée alors par Gemma Frisius, Cornélius Gemma, Fracastor, Cardan ; cependant Tycho-Brahé ne croyait pas qu'elle fût bien générale ni bien démontrée ; mais la chose est actuellement hors de doute » .
Pingre fait observer avec raison que cette direction de la queue à Topposite du Soleil n'est cependant pas toujours bien précise. Il cite la comète de 1577, dont la queue déviait de 2 1 *" vers le sud ; la grande comète de 1 680, où la déviation était de 4'' 1/2. En ces deux occasions cependant, la comète et la Terre occupaient dans le ciel les mêmes positions relatives. La déviation est d'ailleurs d'autant plus faible que la queue de la comète est plus inclinée à Torbite ; considérée à la naissance de la queue, elle est d'autant moindre que Tastrc