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COMÈTES DOUBLES OU MULTIPLES

Ces deux derniers arguments paraîtront de peu de poids, tandis que le fait donné par Ephore n'a plus rien aujourd'hui, depuis l'observation de janvier 1846, qui paraisse impossible.

11 parut, en 1618, plusieurs comètes qui furent observées, les unes en Europe , les autres en Perse , mais sur ridenlité ou la distinction desquelles il était resté des doutes. Deux de ces comètes auraient été vues en même temps et dans la même région du ciel, ce qui fit soupçonner à Kepler qu'il n'y avait là qu'une seule et même comète qui s'était divisée en deux. En rapportant cette opinion du grand astronome. Pingre, qui avait pris parti pour Sénèque contre Ephore, raille aussi Kepler et s'écrie : « Quandoque bonus donniiat Homerus. » Aujourd'hui, sans affirmer que le partage ait été réel, il faut considérer la conjecture de Kepler comme étant tout au moins vraisemblable. Il y a d'ailleurs d'autres faits ayant avec ceux-ci une certaine analogie. Citons Pingre lui-même.

En l'an 14 avant J.-C, « Hantching-Ti monta sur le trône de la Chine en la vingt-sixième année du 4"'' cycle ; en la dix-huitième année de son règne, on vit une étoile s'évanouir et se résoudre en une pluie très-- fine. »

« Sous le consulat de M. Valerius Massala Barbatus et de P. Sulpicius Quirinus, avant la mort d' Agrippa, on vit durant plusieurs jours une comète : elle était comme suspendue sur la ville de Rome ; elle parut ensuite se résoudre en plusieurs petits flambeaux. » Ce fait est rapporté par Dion Cassius.

D'après les observations chinoises, recueillies par Edouard Biot, trois comètes accouplées parurent en l'an 896 et parcoururent de conserve leur orbite. Enfin, Pingre cite encore le passage suivant de Nangis, d'où il semble résulter que la comète de 1 348 se serait séparée en

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plusieurs fragments. « La nuit commençant, en notre présence et à notre grand étonnement , cette étoile très-grosse fut divisée en plusieurs rayons , lesquels se répandirent sur Paris et du côté de TOrient, et le tout disparut. Ce phénomène était-il une comète ou une autre étoile, ou bien étaitil formé de quelques exhalaisons et se résolut-il ensuite en vapeur? C'est ce que je laisse au jugement des astronomes ? »

Peut-être, dans les phénomènes de division subite ainsi mentionnés par d'anciens auteurs, en est-il qui se rapportent à des bolides ou, comme le dit Pingre, à des « météores » ; mais le fait n'en serait pas moins curieux , et d'ailleurs il se rattacherait néanmoins, plus qu'on ne pouvait le penser alors, aux phénomènes présentés par les comètes elles-mêmes, depuis qu'entre les comètes, les bolides et les étoiles filantes, on a pu constater un rapport réel, sans doute une communauté d'origine. En tout ceci, il n'est plus permis de considérer ces corps comme étrangers les uns aux autres. Nous reviendrons forcément sur ces rapprochements curieux dans la seconde partie de cet ouvrage, c'est-à-dire dans le volume qui fera suite aux Comètes et sera consacré aux Etoiles filantes.

Mais, avant de terminer ce paragraphe, nous devons encore mentionner une observation analogue, sinon au dédoublement même de la comète de Biéla, du inoms au fait de l'existence de deux ou phisieurs noyaux dans une même comète. Cette observation a été faite au Brésil par un astronomie français contemporain, M. Liais, dans le courant des mois de février et mars 1860. La figure 51 montre quel était l'aspect de la double comète le 27 février 1 860 le lendemain de la découverte, et les deux figures suivantes, 52 et 53, qui reproduisent comme la première les dessins de l'observateur, suffisent à préciser les variations de position

\A COMÈTE DOUBLE D'OLINflA 339

et de forme des deux noyaux ù. deux dates poslérieurcs. A la date du 27 février, la comète principale, d'un volume et d'un éclat bien supérieurs à ceux de la nébulosité secondaire, présente un noyau d'où s'échappent vers le Soleil deux aigrettes lumineuses. La nébulosité qui forme la tète enveloppe ces aigrettes et se prolonge à l'opposé sous forme de queue, tandis que la comète secondaire consiste seulement on une nébuleuse qui offre une condensation prononcée h son centre. Douze jours après, le 10 mars, celle-ci ne s'était

FiG. bl. — CoMète double d'Olinda, le 27 tévrier 13G0, d'aprè* H. Liais.

presque pas modifiée, tandis que les aigrettes avaient disparu dans le noyau de la comète principale, et paraissaient remplacées par une enveloppe presque circulaire autour du noyau. La comète principale offrit, le H mars, au lieu d'une condensation ou d'un noyau unique, « deux autres centres plus petits placés à peu près sur l'axe de la grande dimension. La seconde nébulosité paraissait d'une intensité uniforme sur tout son pourtour. Elle était beaucoup plus faible que la veille et peu visible. On voit donc que, le H mars, il y avait une tendance de la grande nébulosité

no LES COMÈTES

à se diviser de nouveau en deux parties, ce qui aurait fait une comète triple. » Le lendemain, 12 mars, l'aspect avait

FiG. 62. — Comèta double d'Olinda, le 10 mu* 1860, d'aprèt M. LU».

changé de nouveau : un seul centre de condensation, placé comme celui du 10, était visible, et la comète la plus faible

FiG. 53. — La comèle double d'OUadi, le 11 man 1860, d'aprèi H. Uiiê,

se distinguait avec peine; elle avait complètement dispaiii le 13 mars, dernier jour de l'observation. Lacomètc d'Olinda (première comète de 1860) n'étant pas

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