ÉLÉMENTS DES DEUX COMÈTES DE BIÉLA
NOTAU BtlR^L .^OVAl; AtsTHAf.
Époque du passage au périhélie. Sept. 2/i, 2180 Sept. 23, /|520
Longitude du périhélie 109» 20' 2V' 109° 13' 21"
Longitude du nœud 266'» 5' 16" 2ii6« 9' 11"
Inclinaison 12° 33' 25'' 12* 33' txT'
Distance périhélie 0,860161 0,860592
Excentricité 0,7552007 0,7561187
Durée de la révolution 6»n%587 6*"%629
Mouvement direct.
Ces éléments se traduisent, comme on le voit, par une différence de 15 jours dans les durées des révolutions. D'autres perturbations se sont-elles fait sentir depuis? C'est ce que semblait faire pressentir Timpossibilité où se sont trouvés les observateurs de revoir la double comète, sinon à son retour de 1859, du moins à celui de 1866. On verra qu'en 1 872 l'un des noyaux de la comète s'est trouvé, à son nœud, assez voisin de la Terre pour qu'on puisse conjecturer que la rencontre a eu lieu effectivement. D'après plusieurs savants, c'est à cette rencontre qu'il faut attribuer le splendide phénomène dont les observateurs européens ont été témoins dans la nuit du 27 novembre : les milliers d'étoiles filantes qui sont tombées comme une pluie d'étincelles, comme une gerbe d'artifice, étaient, selon eux, partie intégrante de l'une des deux comètes : d'autres astronomes pensent que le phénomène en question est dû à la rencontre de la Terre, non pas avec l'un des fragments de la comète de Biéla, mais avec un essaim qui faisait jadis partie de la même nébulosité. Si la première conjecture est fondée, il y a lieu de se demander quelle influence la masse du globe terrestre aura eue sur la nébulosité, et si cette dernière n'aura pas été cette fois complètement disloquée. Les observations futures fourniront peut-être les éléments nécessaires à la solution de ce problème.
§ IV — Les comètes doubles dans l'histoire
Y u-t-il quelques exemples historiques de la division d'uuc comète en plusieurs parties? — La comète de 371; Thistorien Ëphore, Scuèque et Ping^ré. — Autres observations semblables en Europe et en Chine. — La comète double d'Olinda» observée en 1860 au Brésil par M. Liais.
Le dédoublement de la comète de Biéla devait suggérer et a, en eflTet, suggéré immédiatement des recherches historiques sur les événements analogues dont la tradition avait transmis la mémoire, mais dont auparavant on avait cru devoir révoquer en doute Tauthenticité. On s'est alors rappelé que Démocrite, au dire d' Aristote, avait rapporté le fait d'une comète se divisant subitement en un grand nombre de petites étoiles. C'est peut-être ce fait qui avait donné lieu à l'opinion de certains philosophes de l'antiquité, que les comètes étaient formées de deux ou plusieurs étoiles errantes. Sénèque, en cherchant à réfuter cette opinion, mentionne le récit fait par un historien grec, Ephore, du partage de la comète de Tan 371 en deux étoiles ; il s'exprime ainsi :
« Ephore, qui est loin d'être un historien d'une véracité irréprochable, est souvent trompé, souvent trompeur. Cette comète, par exemple, sur laquelle tout le monde a eu les yeux si avidement fixés, à cause de l'immense catastrophe que produisit son apparition, la submersion des villes d'Hélice et de Bura, c'est Ephore qui prétend qa'el/e s'est divisée en deux étoiles; personne que lui n'a rapporté ce fait. Qui eût pu, en effet, observer le moment où la comète s'est dissoute, s'est divisée en deux parties? Comment, d'ailleurs, si quelqu'un a vu la comète se dédoubler, personne ne l'a-t-il vue se former de deux étoiles? Pourquoi Ephore n'a-t-il pas donné le nom de ces deux étoiles? »