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ONDULATIONS DES LUMIÈRES COMÉTAIRES

la longueur de la queue. Les lueurs en question étaient, au reste, semblables à celles que je me rappelle avoir vues dans la queue de la grande comète de 1843, et qu'un grand nombre d'astronomes ont observées. »

Ces variations appartiennent-elles aux comètes ellesmêmes ? On en a douté ; on les a considérées comme produites par des changements brusques dans la transparence de notre atmosphère. Olbers a fait cette objection : S'il s'agissait d'un changement réel, même instantané, dans l'éclat de la queue, il ne pourrait être vu de la Terre en un temps aussi court que quelques secondes ; les diverses parties d'une queue de plusieurs millions de lieues de longueur , se trouvant à des distances fort inégales de la Terre, la lumière pour se propager de chaque extrémité jusqu'à l'observateur mettrait donc des temps assez inégaux ; et dès lors c'est par minutes qu'il faudrait compter l'intervalle écoulé, pour produire d'un bout à l'autre de la queue l'apparence de propagation du changement lumineux. Or les observateurs parlent de variations beaucoup plus rapides, de quelques secondes. M. Liais réduit cette objection à sa juste valeur, en montrant que les longues queues cométaires sont presque vues de face, que la différence des distances de la Terre à chaque extrémité- ne sont pas aussi considérables que le suppose Olbers, que par exemple c< la différence des temps nécessaires à la lumière pour venir des deux extrémités de la queue de la comète de 1860 à la Terre n'atteignait pas 4 secondes, le 5 juillet. » Le même observateur fait remarquer en outre que les ondulations vues par lui n'avaient pour siège qu'une portion de la queue ; enfin que, dans la même soirée, il fit des observations comparatives d'autres lumières célestes, de la voie lactée et de la lumière zodiacale, sans pouvoir y constater des mouvements lumineux semblables à ceux de la lumière cométaire. Il semble donc

bieu démontré que le phénomène n'est pas dû aux variations de transparence de notre atmosphère. 11 faudra donc eu chercher Texplication dans les comètes elles-mêmes, dans les variations réelles de leur lumière, soit au sein du noyau lui-même, soit dans l'étendue de son appendice.

Les comètes brillent-eij.es d'une lumière propre ou d'une lumière réfléchie ?

Si les noyaux dei comèles présentent des phases. — PolartsaUon des lumières cométaires. — Expériences d*Arago et de plusieurs astronomes contemporains:. — La lumière des nébulosités et des atmosphères est en partie de la lumière réfléchie du Soleil.

Les astronomes des derniers siècles étaient tous préoccupés de Tétude des mouvements cométaires, de la nature des orbites, de la périodicité, de toutes les questions enfin qui permettaient de rattacher ces astres aux planètes par le lien commun de la gravitation universelle. On étudiait peu alors les branches de l'astronomie qu'on nomme aujourd'hui physique, et l'on se bornait sous ce rapport à des conjectures. C'est sans doute la préoccupation dont nous parlons qui faisait assimiler alors les comètes aux planètes ; c'était une façon de réagir contre l'ancienne hypothèse de météores, de feux passagers. « Les planètes sont des corps opaques, dit Pingre, elles ne nous renvoient que la lumière qu'elles reçoivent du Soleil. Il ne faudrait peut-être pas en conclure définitivement que les comètes sont pareillement des corps opaques ; il n'est pas rigoureusement démontré qu'un corps lumineux ne puisse pas circuler autour d'un autre corps. Mais la lumière des comètes est faible et terne, son intensité varie, on y aperçoit des inégalités sensibles, des vides même. 11 ne parait pas qu'on puisse expliquer ces phénomènes

autrement qu'en supposant les comètes des corps opaques, n'ayant d'autre lumière que celle qu'ils reçoivent du Soleil, et environnés d'une atmosphère semblable à celle de la Terre ; il se forme dans cette atmosphère des nuages analogues aux nôtres, ces nuages affaiblissent ou même interceptent totalement les rayons du Soleil et nous privent successivement de la vue d'une partie de la comète. Tout s'explique dans cette hypothèse.... » Ailleurs, le même auteur dit : « Le noyau ou la tête des comètes en est la partie la plus brillante et en même temps la plus petite. Ou juge avec fondement que c'est un corps solide, mais assez petit, et probablement de peu de densité. » On le voit, il n'y a là que de pures conjectures.

D'autres savants admettaient que les comètes sont des planètes d'une espèce particulière, ne recevant pas la lumière du Soleil et brillant d'un éclat qui leur est propre ; mais ils ne donnaient non plus en faveur de leur opinion aucune observation, aucune preuve positive.

Disons cependant qu'on avait cru observer des phases à certaines comètes; Cassini, observant la comète dite de Chéseaux, en 1744, « remarqua la phase de cette comète, dont la partie éclairée n'était visible qu'à moitié. » Ces der^ nières expressions sont de Lalande, mais Cassini ne parlait que de Tirrégularité du noyau de l'astre. En l'an 813, « une comète parut qui ressembloit à deux lunes jointes ensemble ; elles se séparèrent et, ayant pris diverses formes, elles parurent enfin sous celle d'un homme sans tête. » Pingre explique par des phases du noyau et de la queue ces apparences singulières, la comète étant alors voisine de sa conjonction avec le Soleil. Un autre témoignage plus précis est celui d'un observateur qui vit en forme de croissant, puis en quartier, le noyau de la comète de 1769, quand elle approchait du Soleil. Arago a discuté les observations faites à

rn) LES (XIMETES

Palermeen t819 par Caccîatore, et d'où cet astronome coucluait que le noyau de la comète de cette aunée avait présenté des phases, li a réfuté sou opinioil en se basant sur un dessin de l'observateur (voy. la Ggure 54), faite à la date du 5 juillet 1819,011 les cornes du croissant de la phase se trouvaicut sur une ligne dirigée au Soleil, au lieu de l'être à angle droit avec cette ligne même , comme elles le fureut dix jours plus tard, le 15 juillet.

L'absence de phases dans les noyaux cométaires n'est pas toutefois un argument contre leur opacité. Pin^ié disait :

Fie. Ai. — PréIcDduM phates ilf la coaiilv de 1819, il'aprèt Cdccutore; obterttitviu (les 5 «t 15 joillfl.

« Si les comètes sont de vraies planètes, leur tète ou leur noyau doit être un corps opaque éclairé des rayons du Soleil ; mais leur atmosphère est également pénétrée des mêmes rayons et nous les renvoie souvent , plus même que le corps de la comète. C'est sans doute pour cette raison qu'on ne Voit pas les comètes en croissant ou en quadrature, comme nous y voyons souvent la Lune. Mercure et Vénus. » C'est la raisou que donne Arago en d'autres termes : « Je reconnais, dit-il, que l'absence de phases dans un noyau peutèlre diaphane, entouré, comme l'est celui des comètes,

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