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LUMIÈRE DES QUEUES

Ondulation» rapides observées dans la Inmièrc de quelques queues cométnircs ; observations de Kepler, d'Hcvélius, de Cyznt, de Pingre : comètes de 1607,1618,1652, 1661 et 1769. — Ondulations dans les queues des comètes de 1843 et de 1860; ces ondulations ont-elles une cause particulière à l'astre, ou dépendante de l'état de Tatmo-. sphère ? — Objection d'Olbers relative à la première de ces hypothèses; leur rérutalion par M. Liais.

Quelques comcMes ont pnîsenté dans leurs queues des variations d'éclat, des changements brusques d'intensité, analogues aux phénomènes de ce genre qu'on observe dans les lueurs des aurores polaires, et qu'on croit aussi avoir remarqués dans la himière zodiacale. Ce fait était inconnu des anciens, et, quand Sénèque parle de l'augmentation ou du décroissement de l'éclat des comètes, il n'a évidenmient en vue que les changements produits, pendant leur apparition , par les variations de leur distance; il les compare «aux autres astres qui jettent plus d'éclat, qui paraissent plus grands à mesure qu'ils descendent et s'approchent de nous, plus petits et moins lumineux parce qu'ils rétrogradent et s'éloignent. » [Quest. nat., VII, 17.)

Kepler est le premier observateur * qui ait fait mention

1. On cite cependant des observations plus anciennes du môme fait : la queue de la comète de 582 paraissait, selon Grégoire de Tours, comme la fumée d'un grand incendie qu'on verrait briller de loin. La comète de 615, observée par les Chinois, avait comme un mouvement de libratîon dans sa pointe. Mais l'analogie de ces phénomènes avec ceux que nous allons décrire ne nous semble pas évidente.

de ces changements singuliers. « Ceux, dit-il, qui ont observé avec quelque attention la comète de 1607 (c'est une apparition de la comète de Halley) témoigneront que la queue, courte d'abord, devint longue en un clin dœil. » Plusieurs astronomes , Kepler , Wendelinus , Snellius , virent dans la comète de 1618 des jets de lumière, des élancements, des ondulations marquées. D'après le P. Cysat, la queue paraissait comme agitée par le vent ; les rayons de la chevelure semblaient s'élancer de la tête et y revenir aussitôt. De pareils mouvements furent constatés par Hévélius dans les queues des comètes de 1652 et de 1661 ; et Pingre, décrivant les observations de la comète de 1769 faites en mer entre le 27 août et le 16 septembre par La Nux, Fleurieu et lui, décrit ainsi les phénomènes dont il fut témoin : a J'ai cru voir très-distinctement, surtout le 4 septembre, des ondulations dans la queue, analogues à celles que l'on aperçoit dans les aurores boréales; telles étoiles que j'avais vues décidément renfermées dans la queue, en étoient peu après sensiblement distantes. »

M. Liais rapporte ainsi les observations qu'il fit de la grande comète de 1860 : « Le 5 juillet au soir, pendant que j'observais en mer cette comète, je voyais par instants une lumière assez intense naître dans les portions de la queue les plus éloignées du noyau. Parfois comme instantanées, et paraissant sur une petite extension de l'extrémité de la queue, qui alors devenait plus visible, les lueurs mobiles rappelaient les pulsations de l'aurore boréale. D'autres fois, elles étaient plus durables et l'on suivait leur propagation de proche en proche, pendant quelques secondes, dans le sens du noyau, à l'extrémité de la queue. Ces apparences ressemblaient alors aux ondulations progressives de l'aurore polaire; mais, même dans ce cas, elles n'étaient guère visibles que dans le dernier tiers de

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