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ANALYSE SPECTRALE DE LA LUMIÈRE DES COMÈTES

de la matière qui compose le noyau, ou si elle est la lumière réfléchie du Soleil. Peut-être participe-t-elle de ces deux origines, surtout quand la comète, en s'approchant du Soleil, acquiert une température croissante; les observations de polarisation par réflexion prouvent en tout cas qu'une partie au moins de cette lumière est réfléchie du Soleil.

Quaut à la lumière des atmosphères et des queues, le spectre à bandes brillantes dénote, dans la matière qui les forme, à la fois Tétat gazeux et Tincandescence. L'identité, sous ce rapport, de la queue et de la chevelure dans la comète de Coggia montre bien que c'est la matière de l'atmosphère qui, sous une action répulsive, va former à l'opposé du Soleil l'appendice cométaire. Comme, d'autre part, les phénomènes des aigrettes émanées du noyau prouvent que les enveloppes atmosphériques se forment aux dépens de ce dernier, il semble bien difficile d'admettre l'incandescence pour l'atmosphère cométaire et pour les queues, si le noyau lui-même dont elles se forment incessamment ne jouit pas de cet état d'incandescence. Donc il est probable que les noyaux cométaires, tout au moins dans le voisinage du périhélie, émettent, outre la lumière réfléchie du Soleil, de la lumière directe, émanée de leur propre substance.

Au point de vue chimique, les comètes, en petit nombre il est vrai, qui ont été analysées, ont une constitution trèspeu complexe. C'est, ou du carbone simple, ou un composé du carbone, hydrogène carboné d'après les comparaisons faîtes par M. Huggins, oxyde de carbone ou acide carbonique d'après les recherches du P. Secchi. Ce dernier savcmt a donc eu raison de dire : « Il est très-remarquable que toutes les comètes observées jusqu'ici ont les bandes du carbone. »

§ Vil — La comète de 1874 ou comète de Coggia

Des cinq comètes de 1874, la troisième, ou comète de Goggia, a seule été visible à l'œil nu. — Aspect télescopique et spectre de la comète dans les premiers temps de la visibilité, d'après MM. Wolf et Rayet. — Observations de Secchi^ de Bredichin, de Tacchini, de Wright : polarisation de la lumière du noyau et de la queue. — Transformations de la tète de la comète du 10 juin au 14 juillet, d'après MM. Rayet et Wolf.

Ce n'est pas la comète, mais bien les comètes de 1874 que nous aurions dû en toute rigueur donner comme titre à ce paragraphe de notre ouvrage. En effet, à Tépoque où nous intercalons ces lignes au chapitre convenable, c'est-à-dire dans les derniers jours du mois d'août de cette année, cinq comètes nouvelles ont été déjà découvertes et obsen'ées. Mais une seule, la troisième en date, a attiré l'attention du public, par cette raison toute simple qu elle seule est devenue assez brillante pendant la durée de son apparition pour être visible à l'œil nu : les trois autres sont restées des comètes télescopiques, accessibles aux seuls observateurs ou astronomes de profession. Bien que sa visibilité en Europe n'ait pas été de longue durée, la comète 1874 III, ou comète de Coggia, a présenté dans son aspect physique, dans les changements de forme de la tête et de la queue, des particularités assez curieuses pour mériter une mention spéciale et ime description quelque peu détaillée.

C'est à l'observatoire de Marseille, dans la nuit du 1 7 a>Til, que la comète nouvelle a été découverte par un astronome de cet établissement, M. Coggia, déjà connu des savants par la découverte de la planète Eglé, de la deuxième comète de \ 870, et l'année dernière par celle de la septième comète

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