ANALYSE SPECTRALE DE LA COMÈTE DE COGGLV
dans leurs principaux résultats ceux qu'on vient de lire. Les trois bandes brillantes et le spectre continu qui les coupait transversalement avaient, aux dates du 18 juin et du 9 juillet, l'aspect que montre la figure 59. L'astronome de Tobsërvatoire romain insiste sur une particu-^larité qu'on y peut voir aisément : nous voulons parler des interruptions que présente le spectre continu dans le voisinage de chaque bande, et qui sont surtout sensij)lcs dans la seconde observation. « En regardant, dit-il^ le spectre ainsi composé avec un prisme de Nicol, on voyait la partie continue s'affaiblir considérablement, tandis que les bandes conservaient leur vivacité. Cette remarque ferait croire que la spectre continu était dû à la lumière réfléchie. » On voit que, sous ce dernier rapport, le P. Secchi difiere d'opinion avec les astronomes français cités plus haut, qui considèrent le spectre continu comme donné par un noyau solide à un certain état d'incandescence. Il paraît certain que la lumière de la comète était polarisée : c'est ce que prouvent les observations faites à Rome dans le coiu'ant de juillet; mais le noyau ne peut-il à la fois émettre de la lumière propre et réfléchir partiellement celle du Soleil? C'est une question non résolue, un doute qui subsiste toujours sur la nature de la lumière cométaire, ainsi que nous l'avons déjà reconnu dans diverses comètes étudiées à ce point de vue.
Voici encore quelques détails dus au même astronome, qui a pu observer la comète plus longtemps qu'en France, ainsi que le prouve la date du 17 juillet ci-dessous :
« La comète, dit-il, lorsqu'on l'examinait avec les oculaires ordinaires, était magnifique. Le 9 juillet, elle formait un éventail rougeâtre (par contraste avec le noyau) d'environ 180 degrés d'ouverture, à rayons curvilignes et partant d'un noyau jaune verdàtre. En poussant le grossissement
iSO LES OOHËTES
jusqu'à cent fois, un voyait le uoyau surmouté seulement de très-faibles panaches, et réduit à une petite sphère diffuse de 2 secondes de diamètre à peine. L'absence de toute limite tranchée, l'effet produit par les forts grossissements, prouvent que ce noyau ne contenait pas de corps solide. Les mêmes grossissements montrent, en effet, les satellites de Jupiter avec un disque nettement tranché.
« Sur l'invitation de M. Hind, nous avons cherché la comète pendant le jour, mais sans succès. Il paraît peu
Fie. 59. — Speclrei de lit eomtlt 1S7A [M, de Goggia. D'aprÈi le P. Seuchi,
probable qu'on puisse la voir dans ces conditions, car Jupiter, qui est bien plus brillant , n'est pas lui-même visible. Le 17 juillet, la queue était énorme ; elle arrivait jusqu'à l'étoile u de la Grande-Ourse, la tète étant pour nous sous l'horizon; elle devait avoir au moins 45 degrés de longueur. Le 13, elle était assez dilatée autour de la tête. »
Ayant comparé les positions des bandes brillantes du spectre cométaire avec celles des spectres de l'oxyde de carbone et de l'acide carbonique, le P. Secchi les trouva correspondantes; mais, eu employant des hydrocarbures, aucune