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THÉOIUE DE LA FORCE RÉPULSIVE RÉELLE

répulsion à distance est exercée par la surface incandescente du Soleil; mais il faut encore considérer la force répulsive que la chaleur propre de la comète, o\t plutôt celle qu'elle reçoit du Soleil en tombant vers lui, développe entre ses molécules. De là, en effet, une expansion plus ou moins analogue à celle de nos corps terrestres pris à l'état gazeux, expansion qui intervient dans le phénomène de la double émission nucléale. C'est elle qui donne prise à la répulsion solaire, en dilatant de plus en plus la matière du noyau et en la réduisant bientôt à une rareté extrême, comme je l'ai montré pour les enveloppes nucléales de la comète de Donati. La question est donc fort simple en principe, malgré l'énorme complication du phénomène, et, comme dans l'univers tout se lie , on s'apercevra de plus en plus qu'il existe autour de nous dans le monde solaire, dans l'univers sidéral, tout comme dans le domaine terrestre, bien d'autres manifestations de cette force répulsive dont les comètes nous présentent les effets sur une échelle gigantesque, o

Quelque bien liées que soient entre elles et avec leur principe toutes ces déductions d'une théorie savante, elles n'en reposent pas moins sur une hypothèse : celle de la réalité d'une force répulsive propre à la radiation solaire. Il manquait donc à la théorie de M. Faye une sanction décisive, indispensable, celle de l'expérience. Ce savant l'a, dès l'abord , parfaitement compris. Aussi a-t-il cherché cette sanction que les expériences de Bennet avaient jadis semblé donner. 11 a fait en 1861, avec le concours de M. Ruhmkorff, des recherches sur l'action que des lames métalliques portées à l'incandescence exercent, dans le vide, sur les stratifications de l'étincelle d'induction. « Dans toutes ces expériences, dit-il, l'action répulsive de la surface incandescente était très - prononcée ; mais c'est surtout avec

l'arsenic et le soufre que j'en fus frappé. » L'influence de la chaleur est manifeste, s'il est vrai que la répulsion augmentait avec la température des plaques portées à rincandescence. Celle de la densité du milieu ne Test pas moins, si les indices de la répulsion étaient d'autant plus faibles qu'on faisait rentrer une plus forte proportion d'air à l'intérieur des ballons qui servaient aux expériences.

Quant à la vérification directe de la répulsion solaire, elle est, selon M. Faye, impossible à la surface de la Terre; « car il est probable qu'elle s'épuise sur les couches supérieures de notre atmosphère avant de parvenir jusqu'à nous. » S'il en est ainsi, il est clair qu'il n'y a pas de rÉUSon pour que la Terre, et toutes les planètes pourvues d'une atmosphère, n'aient point des queues comme les comèles. Il reste à savoir si ces queues sont assez étendues pour être visibles ; mais elles doivent exister, sans quoi la force répulsive solaire s'épuiserait ici sans produire son effet.

§ VllI — Théorie de l'action actinique des rayons souires

Expériences et hypothèses de TyndaU. — Originalité de sa théorie. — Objections qu'elle suscite et lacunes qu'elle présente. — Y a-t-il incompatibilité entre cette théorie et celle d'une force répulsive 7

En ces derniers temps, une théorie nouvelle des phéuomènes comélaires a été proposée par un des physiciens contemporains les plus distingués, M. Tyndall. ^ous croyons qu'elle mérite d'être enregistrée, d'abord parce qu'elle est, ce nous semble, entièrement nouvelle et originale ; puis, parce qu'elle est née , non d'une conception à priori y comme tant de théories astronomiques ou physiques, mais d'expériences précises et de leur interprétation.

THÉOIUE ACTLMQIE DE TYlNDALL 331)

C'est en étudiant l'action des radiations sur les milieux de constitution gazeuse, très-raréfiés , que Tyndall est arrivé à envisager le mode de production des phénomènes offerts par les têtes et les queues des comètes. Parmi les ondulations qui émanent d'une source lumineuse telle que le Soleil, les unes déterminent des actions purement calorifiques : ce sont celles qui ont la plus grande amplitude ou qui sont les moins réfrangibles ; les ondulations constituant ou produisant la lumière viennent ensuite dans l'ordre des longueurs d'onde ou de la réfrangibilité ; les ondes les plus courtes sont celles qui se manifestent exclusivement à nous par les actions chimiques. Voici comment le savant physicien conçoit le mécanisme de ces dernières modifications , comment il rend compte de cette diversité dans les propriétés des ondes de diverses amplitudes, qui fait que ce sont les plus courtes qui sont douées de la propriété d'agir sur les substances chimiques pour les décomposer, pour séparer les atomes dont leurs molécules sont formées , tandis que les ondes. plus longues et mécaniquement plus puissantes sont inefficaces, au contraire, pour opérer une telle décomposition. « D'où vient, dit-il, cette puissance plus grande des ondes plus courtes pour détruire les liens de l'union chimique? Si elle n'est pas le résultat de leur énergie, elle doit être, comme dans le cas de la vision, le résultat de leur période de récurrence. Mais comment nous figurer cette action? Je dirai : le choc d'une seule onde ne produit qu'un efiet infiniment petit sur un atome ou une molécule. Pour produire un effet plus considérable, le mouvement doit s'accumuler, et, pour que les impulsions des ondes s'accumulent, celles-ci doivent arriver à des périodes identiques aux périodes de vibration des atomes qu'elles frappent. Alors toules les ondes qui se succèdent, trouvent les atomes dans des positions qui leur permettent d'ajouter

leur choc à la somme des chocs des ondes qui les ont précédées. L'effet est mécaniquement le même que celui d'un enfant qui rhythme ses impulsions sur sa balançoire. Un seul battement du pendule d'une horloge n'a pas d'effet sur le pendule en repos, et d'égale longueur, d'une horloge située à quelque distance ; mais si les battements se renouvellent, et que chacun d'eux ajoute au moment voulu son impulsion infinitésimale à la somme des impulsions qui ont précédé , ils mettront, c'est un fait connu, la seconde horloge en mouvement. »

Après avoir, ainsi rendu compte du mode d'action chimique de la lumière, Tyndall étudie cette action sur les vapeurs des diverses substances volatiles, employant tantôt un faisceau de lumière électrique, tantôt la lumière solaire. 11 remplit un tube d'une certaine longueur, d'un mélange d'air avec de la vapeur de nitrite d'amyle , de nitrite de butylc, d'iodure d'allyle, après avoir pris les précautions propres à expulser toute matière étrangère j et notamment les corpuscules qui flottent dans l'air : poussières, germes organiques, matières minérales, etc. Ainsi rempli, le tube reste obscur, et le mélange qu'il contient absolument invisible. Mais si l'on fait tomber à l'intérieur du tube, en le rendant convergent au moyen d'une lentille, im faisceau lumineux, celui que donne une lampe électrique par exemple, voici ce que l'on observe : l'espace reste encore un instant obscur après l'introduction du faisceau; mais après ce moment très-court, un nuage blanc lumineux envahit la portion du tube qu'occupe le faisceau de lumière. Que s'est-il passé? L'action des ondes a décomposé le nitrite d'amyle et fait précipiter une pluie de particules qui, dès ce moment, deviennent propres à réfléchir et à diffuser de toutes parts la lumière du faisceau. « Cette expérience, dit Tyndall, met en outre en évidence ce fait que, quelque

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