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THÉORIE ACTIMQUE DE TYNDALL

intense qu'il soit, le faisceau de lumière reste invisible jusqu'à ce que quelque chose le fasse reluire. Uespace^ quoique traversé par les rayons de tous les soleils et de tous les astres, reste lui-même invisible. L'éther aussi, qui remplit l'espace et dont les mouvements sont la lumière de l'univers, est lui-même iinvisible. »

On voit par cette dernière remarque quelle est l'objection capitale obligeant les astronomes à repousser la théorie de Cardan, qui considère les queues comme de purs effets de réfraction : c'est celle que nous avons faite plus haut.

Il est à remarquer qu'à l'extrémité du tube à expérience, la plus éloignée de la lampe, il n'y a pas de nuage. Et cependant, il s'y trouve de la vapeur de nitrite d'amyle comme avant. Pourquoi cette différence ? Parce que la portion des ondes du faisceau capables de décomposer la vapeur a épuisé son énergie dans la partie antérieure du tube ; ce sont les ondes les plus longues qui continuent leur chemin; mais ces ondes sont impuissantes à produire une décomposition chimique. Ainsi le savant physicien sait trouver, dans les détails des faits, les confirmations de ses plus ingénieuses hypothèses. Mais arrivons à sa théorie des phénomènes cométaires.

Voici en quoi consiste cette théorie, que Tyndall résume dans les sept propositions suivantes. Nous les transcrivons textuellement :

l"" Une comète est composée d'une vapeur décomposable par la lumière du Soleil ; la tête et la queue visibles sont un nu£ige actinique résultant de cette décomposition; la contexture des nuages actiniques est la révélation de celle d'une comète.

2"* La queue, d'après cette théorie, n'est pas une matière projetée , mais une matière précipitée sur les rayons so-

3i2 LES COMÈTES

laires qui traversent l'atmosphère de la comète. On peut démontrer par Texpérience que ce précipité peut, soit se produire avec une lenteur relative le long du rayon , soit se former dans un instant indivisible sur toute la longueur du rayon. La rapidité siu'prenante du développement de la queue serait ainsi expliquée, sans invoquer le mouvemeat de translation incroyable que Ton a admis jusqu'ici.

3° Quand une comète tourne autour de son périhélie, la queue n'est pas composée partout de la même matière , mais de nouvelle matière précipitée par les rayons solaires qui traversent l'atmosphère de la comète dans ses nouvelles directions. On rend ainsi compte du tourbillonnement énorme de la queue, sans invoquer un mouvement de translation.

A"" La queue est to!ijours tournée du côté opposé au Soleil , pour cette raison : deux puissances antagonistes agissent à la fois sur la vapeur cométaire; l'ime, puissance ac t i nigtie ienàani k pvoàuive le précipité; l'autre, puissance calorifique tendant à produire la vaporisation. Si la première l'emporte, on a le nuage cométaire; si c'est la seconde, ou a la vapeur cométaire transparente. C'est un fait, que le Soleil met en jeu les deux agents ici invoqués; il n'y a rien d'hypothétique à supposer leur existence. Pour que le précipité ait lieu derrière la tête de la comète, ou * dans l'espace occupé par l'ombre de la tetc , il est seulement nécessaire d'admettre que les rayons calorifiques du Soleil sont absorbés plus abondamment par la tête et le noyau, que les rayons actiniques. Ce fait augmente la supériorité relative des rayons actiniques, en arrière de la tête et du noyau, et leur permet de précipiter le nuage qui forme la queue de la comète.

5"* La queue primitive , lorsqu'elle cesse d'être abritée par le noyau, est dissipée par la chaleur solaire; mais cette

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