MAGIE : SENS ET DIVISION
Ce mot vient du grec fj^aysta, ou iJ^ayoç, un sage, un philosophe. On l'appelle quelquefois sorcellerie, et ce terme signifie, dans son sens superstition, avoir recours à l'aide du démon pour faire des choses étonnantes. La magie peut être prise dans son sens naturel ou artificiel, qu'on appelle aussi Vart blanc^ — c'est-à-dire, l'art de faire des choses merveilleuses par des moyens naturels et par habileté humaine, sans aucun secours diabolique ou extra-naturel : là, rien de mauvais, par exemple, les divertissements de Maskelyne et de Cooke, au hall Egyptien, à Londres. Mais la magie qui est mauvaise et coupable consiste dans l'art de faire des choses merveilleuses au dessus de tout pouvoir humain, par l'entremise du démon, invoqué tacitement ou expressément. On donne à la magie les divers sens suivants: (i) l'art ou la science de mettre en action la puissance des esprits ; la science de produire des effets merveilleux avec l'aide d'êtres surhumains, des esprits des morts, de la sorcellerie, des enchantements. — (2) Les opérations secrètes de causes naturelles — la magie naturelle^ ou l'application de causes naturelles à des sujets passifs, par lesquels on obtient des
I MuLLER sur le i^' commandement.
LE PREMIER COMMANDEMENT l6l
effets surprenants. La magie naturelle a sa base dans la philosophie naturelle. Elle est née de la disposition scientifique des anciens temps à profiter de la propension du vulgaire à attribuer toute chose au-delà de sa portée à des causes surnaturelles. — (3) La magie céleste attribue aux esprits une sorte d'empire sur les planètes; et aux planètes, une influence sur les hommes. — (4) La magie superstitieuse ou géotique consiste dans l'invocation des esprits mauvais ou des démons, et suppose un pacte tacite ou formel entre eux et les êtres humains.