ET CONTRE LA VERTU DE RELIGION, PROUVÉE PAR SAINT THOMAS
Enfin, la simonie peut être contraire à la loi divine et naturelle, ou contraire à la loi humaine et ecclésiastique. La simonie contraire à la loi divine et naturelle, est celle qui est
l8o LES COMMANDEMENTS
défendue par la loi divine, comme de vendre les sacrements, les bénéfices, les dispenses de vœux,... etc. Celle qui est contraire à la loi ecclésiastique, est la chose que défend la loi de l'église comme ayant une apparence de simonie, présentant'un danger de simonie, par exemple, l'échange d'un bénéfice contre un autre, lors même qu'ils seraient égaux ; donner ou recevoir quelque chose à l'occasion d'un concours, d'un examen pour une charge pastorale ; ^ recevoir quelque chose pour conférer les ordres. ^
Le péché de simonie est contraire à la vertu de religion, et appartient à l'irréligion. Saint Thomas en explique la nature et la raison. Il dit qu'un acte est mauvais de lui-même par le fait qu'il tombe sur une matière indue ou mauvaise. Acheter et vendre une chose spirituelle affecte, en réalité, une matière indue, et un objet qui ne peut pas être licitement soumis à une transaction de ce genre ; et cela, pour trois raisons: (i) Une chose spirituelle ne saurait jamais trouver une compensation dans une chose temporelle. (2) Un article ne peut pas être l'objet d'une vente, lorsque le vendeur n'en est pas le propriétaire ; et aucun prélat de l'église n'est le propriétaire des choses spirituelles, il en est seulement le dispensateur. (3) La vente des choses spirituelles est contraire à leur origine, parce qu'elles sont gratuitement accordées par la bonté divine : dès lors, quiconque achète ou vend une chose spirituelle, manque de respect envers Dieu et envers les choses divines; et, par cela, se rend coupable d'une faute d'irréligion.
1 Trid. Sess. xxiv. c. ï8.
2 Ibid. Sess. xxi. c. de Reformatione.
LE PREMIFR COMMANDEMENT l8l