ET QUAND IL EST CONTRAIRE A LA LOI ECCLÉSIASTIQUE
La simonie contraire à la loi divine, est un péché mortel de sa pleine nature ; c'est-à-dire, est toujours un péché mortel, et n'admet pas de légèreté de matière. La raison en est que, comparer ou estimer une chose spirituelle, quelque petite qu'elle soit, avec une chose temporelle, c'est faire une grave injure à la chose spirituelle, parce que l'Esprit-Saint est, par cette action, au moins implicitement, déprécié ou vendu.
La simonie qui est contraire à la loi humaine ou ecclésiastique, est un péché mortel de sa nature, mais admet la légèreté de matière, parce que, d'après Saint Alphonse, ^ lorsqu'une chose temporelle n'est pas reçue comme prix d'une chose spirituelle, et que recevoir une chose de ce genre n'est défendu que pour éviter les apparences de simonie, il n'y a pas, alors, simonie réelle, et aucune injure n'est faite à la chose spirituelle. Le péché, dans ce cas, n'est que la violation de la loi de l'église, qui admet la légèreté de matière.
Pour donner de plus amples explications de cette question, il est nécessaire de noter encore les choses qui sont annexées 3U spirituel : antécédemment^ concurremment ou conséqueminent. Si une chose est annexée antécédemment au spirituel, et peut être estimée par elle-même, indépendemment de son rapport spirituel, — comme les vases sacrés ; — il n'y aurait pas simonie à les acheter ou à les vendre selon leur valeur
d'objets matériels, sans rien ajouter à cause de leur consécration, ou pour aucune considération spirituelle. Néanmoins, la Sacrée Congrégation des Indulgences a défendu absolument la vente des divers objets, après qu'ils ont été bénits, tels que les rosaires, les médailles, les crucifix, etc.; et, par le fait même qu'on les vend, ils perdent les indulgences qui y étaient attachées. ^
Si les choses n'avaient par elles-mêmes aucun autre prix que leur valeur spirituelle, on ne pourrait pas les vendre sans un péché de simonie, comme, par exemple, une protection ou une présentation pour un bénéfice.
Les choses qui sont concurremment liées aux choses spirituelles, ou qui les suivent nécessairement et intrinsèquement (coitsequenter), ne peuvent pas se vendre pour un prix: temporel sans simonie. Ainsi, le droit aux fruits temporels attachés à des bénéfices ecclésiastiques, le droit d'entretien inhérent à l'état religieux, ne peuvent se vendre ou s'acheter sans qu'il y ait simonie. La raison en est que ce droit au temporel ne saurait s'acquérir sans le titre spirituel, et, dans ce cas, le titre spirituel lui-même devrait être acheté.