‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 133 sur 409 · I. QUATRE CAUSES QUI ANNULENT L' OBLIGATION D'UN VŒU · texte numérisé non relu

I. QUATRE CAUSES QUI ANNULENT L' OBLIGATION D'UN VŒU

Q.uatre causes annulent l'obligation d'un vœu, à savoir: (i) Le changement de la matière d'un vœu, ou la cessation de sa fin principale ; (2) l'annulation; (3) la dispense; (4) la commutation.

(i) Le changement de la matière, ou la cessation de la fin principale. De ce chef, un vœu cesse d'obliger, lorsqu'un

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notable changement de la matière a lieu ; par exemple, si un changement physique ou moral le rend impossible, ou s'il survient quelque chose d'injuste ou de défendu qui empêche un plus grand bien. L'obligation d'un vœu cesserait également si les circonstances qui l'accompagnent avaient subi un changement tel que l'intention de la personne qui a fait le vœu ne puisse pas être supposée s'étendre jusque là.

Le vœu cesse lorsque la fin principale ou dernière, pour laquelle il a été émis, n'existe plus ; par exemple, le vœu d'assister un pauvre n'oblige plus, si l'homme devient riche. Un vœu cesse aussi, lorsque l'époque fixée pour son accomplissement est passée.

(2) Annulation des vœux. — C'est la seconde cause qui fait casser l'obligation d'un vœu. L'annulation peut être directe ou indirecte. Elle est directe, lorsque le supérieur a une autorité spirituelle ou naturelle sur la personne qui a fait le vœu — c'est-à-dire, sur sa volonté. On peut dire que les personnes ci-dessous indiquées ont le pouvoir d'annuler des vœux directement:

I. Un père, ou celui qui tient sa place, peut annuler tous les vœux faits par ses enfants au-dessous d'un certain âge, (quatorze ans pour les garçons et douze ans pour les filles.)

II. Les supérieurs religieux peuvent annuler directement les vœux de leurs subordonnés, excepté leurs vœux religieux et le vœu d'entrer dans un ordre plus rigoureux.

Indirectement les vœux peuvent être annulés par ceux qui ont autorité sur la matière ou la chose faisant l'objet du vœu. Ainsi :

I. Un père, ou celui qui a sa place ou son autorité, peut annuler les vœux de ses grands enfants, s'ils sont préjudiciables au gouvernement paternel ou domestique.

II. Un mari peut annuler les vœux de sa femme, si ceux-ci entravent ses droits ou le bon gouvernement de la famille.

in. Une femme peut annuler les vœux de son mari, s'ils empiètent sur ses droits. Lorsque la femme ou le mari s'entendent pour faire des vœux, ou consentent aux vœux de part et d'autre, alors ni l'un ni l'autre ne peut annuler les vœux de son conjoint.

IV. Un supérieur religieux peut annuler les vœux des novices émis avant ou après leur entrée en religion, dans le cas où ces vœux entraveraient la direction régulière des novices et du noviciat.

Il y a cette différence entre l'annulation directe et n^J/r^^/^ ; la première enlève l'obligation absolument et pour toujours ; la seconde ne fait qu'en suspendre l'observation, et l'obligation revit ensuite, dès que l'exécution du vœu n'atteint plus les droits du supérieur. L'annulation des vœux, directe ou indirecte, est valide^ lors même qu'elle est faite, sans une cause juste, et licite par rapport aux vœux émis sans le consentement du supérieur, mais illicite dans le cas où les vœux ont été faits avec le consentement et la permission de l'autorité légitime, lors même que, sur ce point, plusieurs auteurs admettent que la faute ne va pas au-delà du péché véniel.

(3) Dispense des vœux. — Une dispense est l'exemption d'un vœu, accordée par un supérieur légitime, au nom de Dieu et pour un bon motif. Nous disons par un supérieur légitime^ — c'est-à-dire par un supérieur qui a la juridiction spirituelle in foro externa., ordinaire ou déléguée. Ainsi :

I. Le Pape peut dispenser tous les fidèles de tous les vœux, même solennels.

II. Les évêques et les prélats des instituts religieux peuvent dispenser leurs sujets de tous les vœux non réservés au Pape.

III. Les prêtres, qui reçoivent un pouvoir délégué de ceux qui ont le pouvoir ordinaire, peuvent dispenser des vœux. Le pouvoir délégué ne s'étend pas habituellement aux vœux réservés, ni aux vœux faits en faveur d'un tiers, ni aux vœux faits avec serments.

Une dispense exige un bon motif, de sorte qu'elle serait non seulement illicite, mais invalide, si elle était accordée sans une cause juste et suffisante ; parce que la dispense est accordée au nom de Dieu, dans une matière qui affecte la loi divine, et pas du tout au nom et d'après le droit d'un autre.

Les causes qui légitiment la dispense d'un vœu sont les suivantes :

I. L'honneur de Dieu, l'utilité et le bien de l'église et de l'état. ^ |.

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