OBLIGATION D'UN SERMENT
Il y a obligation rigoureuse d'accomplir un serment légitime. C'est aller contre les règles de la fidélité et de l'ordre social que de violer les simples promesses faites aux hommes
I S. JaC. V. 12.
et c'est certainement un crime que de violer les promesses faites au nom de Dieu, sous sa sanction et son autorité. Lorsque nous prenons Dieu à témoin, c'est pour donner une garantie de notre fidélité, et manquer à un tel serment, en tant qu'il y a mensonge de notre part, c'est rendre Dieu complice de notre infidélité. L'obligation d'un serment relève directement de la vertu de religion, et la plupart du temps est une obligation grave. S'il s'agit d'un serment promissoire, cette obligation naît (i) de tout serment vrai et légitime, et cela, lors même que le serment aurait été arraché par crainte, selon l'opinion la plus probable; car on doit observer un serment tant que la chose est possible sans péché et sans danger pour notre salut. (2) Cette obligation est imposée même par un serment fait contrairement à une loi civile qui n'oblige pas sous peine de péché. Ainsi, un homme qui s'engage par serment à payer une somme d'argent perdu dans des jeux prohibés, serait tenu de payer cette somme; un mineur qui promet par serment de rendre une certaine somme empruntée sans le consentement de ses parents ou de son tuteur, est lié par son serment. (3) L'obligation du serment se contracte par un païen ou un infidèle qui jure par ses fausses divinités.