I ECCLES. XXIII
qu'une inconvenance, et n'est pas un péché. Une telle habitude n'en doit pas moins être sévèrement réprouvée, surtout lorsqu'il y a danger 3e scandale. Il fut un temps où prononcer le Nom divin à la légère et sans souci dans les conversations ordinaires, était la marque d'un homme bien élevé. C'est aujourd'hui le signe de la vulgarité. Cette sorte d'offense ne se rencontre guère, de nos jours, que parmi une certaine classe de jeunes gens qui ont besoin de montrer qu'ils n'ont que du mépris pour l'habitude de respect et de dignité, qu'on leur avait inculquée dans l'éducation de leur enfance. Ce genre d'offense ne satisfait aucune passion, ne favorise aucun intérêt: il n'en est donc que plus blâmable et ne saurait invoquer aucune excuse. On a dit avec raison qu'il y a des hypocrites en impiété comme il y en a en religion. Les premiers sont ceux qui font ostentation de plus d'irrévérence qu'ils n'en ont en réalité. Cet esprit semble se trouver à la base des jurements profanes ; et on peut dire que ceux qui en sont imbus, n'ont nullement besoin d'insulter leur Créateur pour montrer qu'ils ne le craignent pas. Supposer qu'il est nécessaire de continuer une pareille mauvaise habitude, pour se conserver la réputation d'indifférence et d'indépendance en matière religieuse, est simplement une folie.
Invoquer le Nom de Dieu avec le respect convenable, même dans des choses indifférentes, non seulement n'est pas un péché, mais c'est une action bonne et méritoire, si on le fait sous forme de prière. Deux fins peuvent toujours justifier l'emploi du Nom de Dieu : sa propre gloire, et notre édification personnelle ou celle du prochain.