RAISONS NATURELLES ET RAISONS RELIGIEUSES DE CE REPOS
En dehors du point de vue religieux, d'innombrables raisons font désirer qu'il y ait une interruption dans le travail du monde au moins un jour sur sept. Sans repos, la santé physique souffre et la vigueur du corps se débilite. Ainsi, à l'époque de la première Révolution Française, lorsqu'on tenta d'abolir toute trace de la religion chrétienne en France, les révolutionnaires sentirent qu'il était urgent de fixer un intervalle régulier pour le repos, et ils décrétèrent la semaine de dix jours, avec un jour férié qui revenait après chaque décade. Après une expérience de deux ans, ils abandonnèrent la semaine de dix jours, et furent bien aises de revenir à l'ancienne et meilleure coutume du repos d'un jour sur sept. Alors les hommes exigeaient du repos pour l'esprit et pour leurs occupations intellectuelles, comme la lecture, l'étude, afin que l'esprit pût être arraché quelque temps par semaine à la fièvre et à l'entraînement insensé des affaires séculières, qui est un des dangers les plus sérieux pour la vie morale d'un pays.
Rien également de plus raisonnable que les marchands, les commerçants, les manufacturiers et les laboureurs soient émancipés de l'esclavage des affaires du monde vingt-quatre
I Catéc. de Persévérance, par Hauteuive, t. vi. p. 171, note.
heures chaque semaine, et puissent passer ce temps avec leurs familles et leurs amis.
Léon XIII, dans sa Lettre Encyclique sur La Condition des Classes Ouvrières, 15 mai 189 1, explique ainsi la raison du repos dominical : « La cessation du travail ne doit pas être entendue comme un simple moyen de favoriser la paressé ; beaucoup moins encore doit-elle être une occasion de dépenser son argent et de se livrer à des amusements coupables, comme beaucoup le voudraient : ce doit être une cessation du travail sanctifiée par la religion. Le repos, (combiné avec les pratiques religieuses) dispose Thomme à oublier pour un temps les affaires de cette vie de chaque jour^ à tourner ses pensées vers les choses célestes, et à rendre le culte qu'il doit si rigoureusement à la Divinité Eternelle. C'est là, surtout, qu'est la raison et le motif du repos dominical, — repos sanctionné par la grande loi de Dieu, sous l'ancienne Alliance : « Souvenez-vous de sanctifier le jour du sabbat, » ^ et enseigné au monde par son repos mystérieux, après la création de l'homme: « et il se reposa le septième jour, après avoir achevé tous ses ouvrages. » ^
3. OBLIGATION DE S'ABSTENIR DES ŒUVRES SERVILES ET COMMERCIALES LES DIMANCHES ET LES JOURS DE FETE
Nous avons maintenant à considérer le précepte ecclésiastique et l'étendue de l'obligation qu'il impose.
11 y a obligation, sous peine de péché grave, de s'abstenir d'œuvres serviles et commerciales les dimanches et jours de
1 ExoD. XX. 8.
2 Gen. II. 2.
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fête. Cette obligation commence à minuit la veille du dimanche, et dure jusqu'à minuit de la nuit suivante. C'est ce que prouvent la pratique commune des fidèles et la proposition condamnée par Innocent XI. Cette obligation est imposée par le motif de religion, et la religion nous impose une obligation grave. Elle admet cependant la légèreté de matière qui doit être appréciée d'après la cause qui motive le travail, soit d'après la nécessité, soit d'après la quantité du travail. Car s'il n'y a qu'un léger travail d'accompli, une personne sera facilement excusée de péché mortel ; de même, si le travail n'a eu lieu que pendant peu de temps.