VOCATIONS RELIGIEUSES ET SACERDOTALES DANS LES FAMILLES CHRÉTIENNES
EXEMPLES CITÉS DU CompUiim
Où Tesprit chrétien règne dans les familles, là on trouve des saints et des religieux, aussi bien que des vocations sacerdotales. L'auteur du Compitiim nous dit : « Le fait est que, dans les anciens temps, et dans les siècles de foi, de nombreuses familles semblaient entièrement composées de saints. Nous ne sommes point surpris d'apprendre de Clotaire que, vers la fin de sa vie, sa conscience fut éveillée, quand nous voyons que ce roi terrible avait pour mère sainte Clotilde, pour épouse sainte Radegonde, saint Cloud pour neveu, sainte Ingonde d'Espagne et sainte Berthe de Ken-t pour petites-filles. Saint Pierre II, archevêque de Tarentaise, eut pour père, le bienheureux Pierre, pour frère aîné saintLambert, premier abbé de Chézeri, et pour frère Cadet, André, le saint moine de Bonnevaux. La mère devint la vénérable abbesse de Belton, et sa sœur était religieuse du même couvent.
La famille de saint Léger fut aussi féconde en saints qu'en héros. Sept fois, en trois générations, elle est nommée parmi les saints. En un siècle, elle compte cinq évêques et quatorze moines. Comment pouvons-nous assez apprécier les fruits délicieux de la tendresse dans des jeunes cœurs qui, au sein de l'église, comme dans un second paradis, grandissent ainsi pour Dieu ? Où fleurit la foi catholique, une fin céleste est l'horizon qui se montre au bout de toute
perspective entr'oiiverte par les liens les plus tendres du sang, et par toutes les" affections d'un père, d'un fils et d'un frère. Dans une antique et curieuse gravure, on voit la famille de Christophe de Bade, composée de chevaliers, d'évêques et de religieuses ; les personnages sont agenouillés de chaque côté de la Bienheureuse Vierge et de sainte Anne, caressant notre Sauveur enfant. Doux et touchant tableau qu'on aurait pu voir jadis en France, tous les dimanches et tous les jours de fête ; car, dans ce pays, dit l'auteur du Compitum, « j'avais l'habitude de remarquer les familles au complet se rendant à l'église, — grands pères et grand'mères, enfants et petits enfants, serviteurs et maîtres, servantes à côté de leurs maîtresses, spectacle d'union domestique et de seule vraie égalité, que les sophistes, après toutes leurs révolutions, ne reproduiront jamais. » ^
7. l'assistance, quatrième devoir des enfants envers leurs parents
Le enfants doivent à leurs parents une double assistance, suivant que les besoins de ceux-ci sont corporels ou spirituels.
(i) Assistance corporelle. — Si les parents deviennent pauvres ou sont dans le besoin, les enfants sont rigoureusement tenus, par la loi naturelle, de venir à leur secours, de pourvoir à tous leurs besoins en fait de nourriture, de vêtements, de logement: et tout cela, ils doivent le faire avec la même généreuse charité que leurs parents ont mise à les nourrir et à les entretenir dans leur enfance et leur jeunesse. Par conséquent :
I Voy. Cotnpiliim^ p. 118, 119.
(a) Il n'est pas permis à des garçons et à des filles d'entrer en religion si leurs parents sont dans une extrême ou une grave nécessité, et ont besoin de leurs secours et de leur appui; — c'est-à-dire s'ils peuvent les secourir en restant dans le monde, et s'il n'y a personne autre qui puisse s'en occuper et leur donner des soins. Un enfant, qui aurait ses parents dans une telle nécessité, serait tenu de quitter la vie religieuse, même après sa profession, pour venir à leur aide, s'il n'y avait aucun autre moyen de les secourir. ^
(b) Les enfants doivent visiter et consoler leurs parents dans leurs infirmités et leur vieillesse. Nous voyons notre Sauveur blâmer sévèrement cette doctrine contre nature des Scribes et des Pharisiens qui dispensait les enfants de secourir leurs parents : « Et vous, au contraire, vous dites : Quiconque dira à son père et à sa mère : Anathème soit à Dieu tout profit que vous tirerez de moi, celui-là ne doit point honorer son père ou sa mère, et ainsi vous avez rendu vain le commandement de Dieu par votre tradition.» ^ Les Pharisiens entretenaient cette tradition pour s'enrichir euxmêmes en dispensant les enfants de donner encore quelque secours à leurs parents, s'ils avaient une fois offert au temple et aux prêtres juifs, ce qui aurait dû servir à secourir leurs parents. Il y avait là une violation de la loi de Dieu et de la loi de la nature, que condamnait notre Sauveur.
(2) Dans les affaires spirituelles, les enfants doivent assister leurs parents selon leurs besoins. — (i) Si ceux-ci ignorent les vérités de la foi, les enfants doivent les en instruire avec charité et respect, surtout leur apprendre ces vérité qu'on est
1 s. Thom. Q. ior-104. ,7^ 4.
2 S. Mat. XV. 5, 6.
obligé de connaître et de croire, qui sont de nécessité de nwyen, ou de nécessité de précepte pour le salut. — (n) Ils doivent les avertir avec une respectueuse tendresse, quand ils les voient en danger de péché, quand ils négligent leurs devoirs religieux ; surtout ils doivent leur rappeler leur devoirs, les détourner du danger et les engagera s'approcher des sacrements. — (m) Ils veilleront sur leurs intérêts spirituels, surtout dans le moment des maladies, afin qu'ils puissent voir un prêtre, avoir tous les secours spirituels de l'église^ et recevoir les derniers sacrements en danger de mort. — (iv) Après leur mort, ils auront soin de faire prier, de faire dire des messes pour le repos de leur âme ; ils observeront strictement leurs dernières volontés et leurs testaments, et mettront soigneusement en pratique toutes les recommandations faites par les parents à leur lit de mort.
Je termine ce chapitre en faisant remarquer que ces enseignements sur les devoirs de piété filiale envers leurs parents, s'appliquent, toutes proportions gardées, aux devoirs de piété que Ton doit à des frères, à des sœurs et autres proches parents.
Le Quatrième Commandement
(suite)