A COMMANDER SOUS PEINE DE PÉCHÉ
(i) Les parents, comme les autres supérieurs, peuvent commander sous peine de péché.
(2) Ils peuvent commander sous peine de péché mortel ou de péché véniel dans une matière grave et importante.
(3) Ils ne peuvent pas commander sous peine de péché mortel dans une chose légère et de peu d'importance : ce" serait ad dcstrxictionem non in œdificationem. Ils abuseraient! alors de leur pouvoir et de leur autorité ; ce qui ne produirait i que destruction et non édification.
L'obligation de l'obéissance naît donc de la nature du commandement et de l'intention de la personne qui commande. Dans le cas où les parents et ceux qui ont autorité n'ont pas
l'intention d'obliger les enfants sous peine de péché, je ne pense pas que personne ait le droit d'imputer aux enfants un péché de désobéissance ; et les parents ne doivent point avoir le péché en vue dans toutes leurs recommandations quotidiennes et les affaires de famille; il ne leur serait pas permisde donner à leurs enfants, sans de bonnes raisons, l'occasion de multiplier leurs péchés et leurs offenses contre la loi de Dieu.
4. DROIT D^S ENFANTS A EMBRASSER LA VRAIE RELIGION MÊME CONTRE LA VOLONTÉ DE LEURS PARENTS
Un point particulier sur lequel je désire appeler l'attention, c'est le changement de religion, ou la question des convertis.
En ce qui concerne la loi de Dieu, tout enfant a droit de professer la vraie religion, et personne ne peut contrecarrer ce droit. Ils ont le droit, et un droit naturel, inhérent, d'agir selon leur conscience ; et, conséquemment, ils peuvent embrasser le catholicisme dès qu'ils sont capables de comprendre leurs devoirs envers Dieu, surtout l'obligation de professer la vraie foi. Sur ce point, on doit leur permettre de suivre les inspirations de la grâce, et ils doivent obéir à Dieu, malgré toute l'opposition de leurs parents et de leurs proches. Les prêtres sont tenus d'instruire et de recevoir tous ceux qui se présentent, dans tous les cas, lors même qu'ils sont encore enfants, pourvu qu'ils aient l'usage de la raison, lorsqu'ils expriment le désir d'être reçus dans l'Eglise. Des parents peuvent légitimement et de bonne foi persuader à leurs enfants d'attendre jusqu'à ce qu'ils soient capables de juger par eux-mêmes, et de différer pour un temps, par mesure de prudence, un changement de religion. Je ne les en blâme pas, tant qu'ils agissent d'après les motifs de
conscience, et non d'après des préjugés ou par haine du catholicisme. Cependant, si les enfants persistent à demander le baptême et leur réception dans l'Eglise, ils peuvent et ils doivent être baptisés et admis. Ils ont droit de devenir membres de la véritable église, droit à n'être pas privés des sacrements et des moyens de la grâce, et droit à servir Dieu selon leur conscience et selon la vraie foi.
5. DANS LE CHOIX D'UN ÉTAT DE VIE LES ENFANTS NE SONT PAS OBLIGÉS D'OBÉIR A LEURS PARENTS
En troisième lieu, dans le choix d'un état, qu'il s'agisse de l'état de mariage, de l'état religieux, ou de l'état sacerdotal, les enfants ne sont pas obligés d'obéir à leurs parents.
Pour ce qui est du mariage, ils doivent, il est vrai, prendre conseil de leurs parents, les consulter avant de s'engager dans cette voie, leur montrer le respect et la considération convenables dans un sujet d'une telle importance. Mais, en aucun cas, on ne peut dire qu'il y ait péché de désobéissance à se marier sans le consentement des parents^ lors même que ce serait un mariage insensé, indigne, de nature à les peiner: il peut se contracter, sans qu'il y ait rien là de contraire à la piété filiale et au respect dus aux justes désirs des parents.
Un fils ou une fille qui désireront embrasser l'état religieux ou l'état sacerdotal, tiendront compte de la volonté et du jugement de leurs parents. Si les parents s'y opposent, la raison de leur opposition demande à être examinée. Les enfants ne peuvent pas ■ quitter leurs parents, si ceux-ci ont besoin de leur assistance et de leur appui. D'autre part, si leurs objections sont futiles, s'ils ne font valoir que des motifs mondains, si leur opposition ne procède que d'une
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aft'ection humaine, les enfants peuvent agir sans leur consentement, et même, sans les consulter, suivre les inspirations et l'appel de Dieu.