I. ÉDUCATION RELIGIEUSE
Les parents sont principalement tenus de procurer à leurs enfants l'enseignement spirituel et Téducation. La raison en est évidente : l'homme, outre la vie physique et corporelle qu'il a de commune avec les autres animaux, a reçu de Dieu une âme raisonnable et immortelle, créée à Limage et à la ressemblance de Dieu, destinée à tendre à Dieu, comme à sa dernière fin. C'est donc le premier devoir des parents d'instruire et de diriger Lenfant en vue de cette fin, et dans les moyens de l'atteindre. Tel est le motif pour lequel le mariage chrétien a été élevé à la dignité de sacrement par notre Rédempteur ; c'est-à-dire, afin que les parents puissent engendrer des enfants au Christ, et que, par ce sacrement, ils puissent recevoir la grâce d'élever leurs enfants dans la crainte et dans l'amour de Dieu.
Trois choses sont nécessaires à la bonne éducation des enfants : (i) la doctrine; (2) la correction; (3) V exemple.
(i) La doctrine. — Les enfants doivent être instruits dans la foi et les mœurs, dans l'observation des commandements de Dieu, et dans tout ce qui est nécessaire au salut. Il est écrit en effet: « Apprenez-les (mes paroles ou mes commandements) à vos enfants, afin qu'ils les méditent ; lorsque vous êtes assis en votre maison, ou que vous marchez, lorsque vous vous couchez, ou que vous vous levez. » ^
De ce chef, il faut citer les devoirs particuliers des parents: 1. Ils sont tenus de faire régénérer leurs enfants par le sacrement de baptême le plus tôt possible après leur naissance. 2. De leur apprendre, dès leurs plus jeunes années,
I Deux. xi. 19.
leurs prières, la doctrine chrétienne, et tout ce qui est nécessaire pour diriger leur cœur à Dieu. 3. De les accoutumer à faire leurs prières matin et soir, à assister à la messe et aux offices de Téglise, aux catéchismes et aux instructions; de les détourner des voies mauvaises, des plaisirs et des séductions du monde, et de toutes les vaines pompes. 4. De les confier à des maîtres chrétiens. 5. De veiller sur eux nuit et jour, afin qu'ils ne se laissent point égarer par de mauvaises compagnies, et que leur esprit ne se souille point par de mauvaises conversations et des lectures dangereuses.
(2) La correction. — En fait de correction, les parents feraient bien de se rappeler les avertissements de la Sagesse : « Celui qui épargne la verge, hait son fils ; mais celui qui l'aime, s'applique à le corriger. » ^ « N'épargnez point la correction à l'enfant; car si vous le frappez avec la verge, il ne mourra point. Vous le frapperez avec la verge, et vous délivrerez son âme de l'enfer. » ^ Et Saint Paul écrit aux Ephésiens: « Et vous, pères, n'irritez point vos enfants ; mais ayez soin de les bien élever, en les corrigeant et les instruisant selon le Seigneur. » 3
La correction, pour être profitable, doit être modérée et prudente. L'ancienne sévérité, qui consiste à frapper à tout propos, peut souvent faire plus de mal que de bien. Il n'est pas convenable que les parents frappent leurs enfants déjà grandis ; ils peuvent difficilement le faire sans colère et sans donner lieu à des récriminations de part et d'autre. Même pour les jeunes enfants, que la correction ne soit pas employée
1 Prov. XIII. 24.
2 Ibid, xxiii. 13, 14.
3 Eph. VI. 4.
LE (XUATRIÈME COMMANDEMENT 341
sans nécessité, et qu'elle le soit toujours avec modération. Aujourd'hui les enfants peuvent être mieux élevés sans ces corrections cruelles, qui n'ont souvent d'autre effet que de les rendre d'un caractère morose et pusillanime, et qui engendrent,au lieu de l'amour, le mépris, la colère et l'aversion. (3) L'exemple. — Le bon exemple est d'un enseignement et d'un charme plus efficaces que les paroles, surtout quand il vient des parents et des supérieurs. Les paroles seules sont, de peu d'effet, si elles ne sont pas appuyées par le bon exemple. Si le Christ, Notre-Seigneur, a prononcé un: Malheur! à l'adresse de celui, quel qu'il soit, qui oserait scandaliser un de ces petits, combien terrible ne doit pas être Fanathème encouru par les parents qui scandalisent leurs propres enfants?