OBLIGATIONS DES SUJETS A L'ÉGARD DES GOUVERNANTS
Les sujets doivent: (i) l'honneur au Souverain et à ses représentants, selon la parole de l'Apôtre: « Craignez Dieu, honorez le roi, » =^ (2) fidèle obéissance aux lois qui sont justes; (3) payement des impôts et des taxes équitables; (4) leur voix, donnée selon leur conscience, à toutes les élections du gouvernement; et (5) des prières pour ceux qui les gouvernent.
(i) Lhonnenr. — La raison principale d'honorer les rois et les princes nous est donnée par saint Paul: « Que tout le monde se soumette aux puissances supérieures; car il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu... Celui donc qui résiste aux puissances, résiste à l'ordre de Dieu... Car le prince est le ministre de Dieu pour le bien. » 3
Contre cet honneur dû aux princes et aux gouvernants, on peut pécher par un mépris intérieur ou par des signes extérieurs de mépris. Mépriser iin supérieur légitime, comme
1 Voy. Lehmkùhl. (Décal. : prœcep. 4.)
2 I S. Pierre, il 17.
3 Rom. xiii. 1-4.
tel, c'est toujours une faute, mais ce mépris ne doit pas être confondu avec celui qu'on aurait pour un homme en raison de ses défauts personnels et de ses qualités insuffisantes: un roi ou un gouvernant peut être d'un caractère cruel et tyrannique, et se rendre coupable d'actes qui le rendraient l'objet d'un juste et honnête mépris.
Les marques extérieures du manque de respect ont lieu quand le mépris se manifeste au dehors en présence d'autres personnes, en insultant publiquement le souverain ou son représentant, son image ou sa statue, en parlant de lui d'une manière injurieuse, soit par calomnie, soit par médisance, soit par des insinuations fausses et injustes.
(2) Lobcissance. — Ce devoir est indiqué dans les paroles <ie l'Apôtre déjà citées. L'obéissance aux pouvoirs publics nous est enseignée par un grand nombre d'exemples tirés de la Sainte Ecriture. La famille de Jacob, pendant sa captivité en Egypte, obéissait à tous les ordres de Pharaon, monarque idolâtre et méchant. Parmi les rois qui gouvernèrent le peuple juif, plusieurs furent méchants, très corrompus, adorateurs des idoles: néanmoins, les prophètes et ceux qui ^demeuraient fidèles à la loi de Dieu, leur obéissaient dans toutes les affaires civiles, et ils ne leur refusaient cette obéissance que lorsqu'ils leur commandaient d'adorer les faux dieux. A l'époque où notre Sauveur parut en ce monde, la Judée était soumise à l'empire romain; et cependant Marie et Joseph se rendirent à Bethléem pour se faire inscrire, d'après l'ordre de l'empereur Auguste. Dans la suite, Notre- Seigneur nous enseigne cette obéissance et par ses paroles et par ses exemples, surtout dans cette circonstance où il déclara •que nous devions rendre à César ce qui était à César, et à Dieu ce qui était à Dieu. Les Apôtres saint Pierre et saint Paul
enseignaient la même doctrine aux fidèles qui vivaient sous la domination tyrannique de l'impie Néron. Saint Pierre dit aux Chrétiens: « Soyez donc soumis, pour Dieu, à tout homme, soit au souverain, à cause de sa dignité, soit aux gouverneurs comme à ceux qui sont envoyés de sa part, pour punir ceux qui font mal, et pour traiter favorablement ceux qui font bien. » ^