SI, ET QUAND IL EST PERMIS DE DESOBEIR
A l'autorité civile
Ce devoir de la soumission donne lieu à deux questions importantes : (a) s'il est permis, et quand il est permis de refuser d'obéir aux autorités civiles ; (b) est-il jamais permis de se révolter ?
Sur le premier point, il est évident, comme nous l'avons vu pour l'obéissance des enfants envers leurs parents, qu'il n'est jamais permis d'obéir à une autorité humaine dans des choses contraires à la loi de Dieu. Ce cas excepté, on doit obéir aux gouvernants civils, à moins qu'ils ne commandent une chose qui, bien que non mauvaise en soi, serait cependant d'une manière évidente contraire au bien public. Ceci pourrait arriver dans des circonstances où ils ne rendraient pas avec soin la justice distributive, imposeraient une lourde et injuste charge à une grande partie de la communauté. Je dis à une grande partie, parce que si une faible partie ou quelques membres seulement de la communauté étaient lésés par cette mesure, ce ne serait pas suffisant pour faire envisager la loi comme injuste. La raison en est qu'il
lis. Pierre, ii. 13, 14.
n'est pas toujours possible de garder de justes proportions ; et, conséquemment, tous sont tenus à l'observation de la loi ; — non seulement ceux qu'elle ne lèse pas, mais même ceux qu'elle atteint injustement. Et cela, au moins en vertu de la loi naturelle qui oblige un homme à céder quelquefois de son droit pour le bien public, ou pour éviter un grand scandale.