DEVOIRS DES SERVITEURS ENVERS LEURS MAITRES
Les obligations des serviteurs se réduisent principalement aux trois suivantes : la fidélité^ V obéissance et Le respect.
(i) Ils sont tenus d'être fidèles, particulièrement pour garder secrètes et ne point révéler des choses qui pourraient être préjudiciables à leurs maîtres, à leurs employés ou à leur famille. On met en eux une certaine confiance, comptant sur leur discrétion ; la violation d'un secret qui pourrait nuire à une famille ne serait pas seulement une faute contre la charité, mais deviendrait encore, dans ce cas, une faute contre la justice. Ce devoir renferme aussi une active diligence dans les affaires qui leur sont confiées et une vraie sollicitude pour tout ce qui touche aux intérêts de leurs maîtres, d'après ce conseil : « Exhortez les serviteurs à être bien soumis à leurs maîtres, à leur complaire en tout, à ne point les contredire, à ne détourner rien de leur bien ; mais à leur témoigner en tout une entière fidélité; afin qu'en toutes choses ils fassent honneur à la doctrine de Dieu notre Sauveur. » ^
(2) Ils sont tenus à l'obéissance ; et cela en vertu de leurs engagements et par une raison de justice. Saint Paul dit : "< Serviteurs, obéissez en tout à ceux qui sont vos maîtres selon la chair, ne les servant pas seulement lorsqu'ils ont
I TiT. II. 9, 10.
l'œil sur vous^ comme si vous ne pensiez qu'à plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur et crainte de Dieu. » ^ Et ailleurs : « Vous, serviteurs, obéissez à ceux qui sont vos maîtres selon la chair. » ^ Cette obéissance, bien entendu, ne doit pas aller jusqu'aux choses mauvaises ou contraires à la loi de Dieu. '
(3) Un troisième devoir des serviteurs est le respect. D'où il suit que l'orgueil et l'insolence d'un caractère grave, envers leurs maîtres, seraient une violation de ce devoir. Des marques sérieuses de mépris et des procédés désobligeants deviendraient des fautes plus graves chez des serviteurs ; ces péchés revêtiraient un caractère spécial de malice par le fait même qu'ils seraient commis par des domestiques. Le devoir dont nous parlons signifie que les serviteurs doivent être respectueux dans leurs paroles, qu'ils doivent éviter toute réponse et tout murmure insolents. Ils sont également tenus de parler en bons termes de leurs maîtres en leur absence, afin que les autres en aient bonne opinion. Qu'ils cachent donc leur défauts, et que, tout ce qu'ils ne peuvent pas dire en toute sincérité à leur avantage, ils le gardent pour eux. Il est de ce devoir pareillement de témoigner leur respect dans leurs actions par des manières convenables, modestes, toujours respectueuses en leur présence, se montrant toujours prêts à faire, non seulement ce qu'on leur commande, mais aussi ce qu'ils savent de nature à faire plaisir ou à donner satisfaction, selon les paroles du Psalmistc : « Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur les mains de leurs maîtres, et comme les yeux de la servante le sont sur les mains de sa
1 Col. III. 22.
2 Eph. VI. 5.
maîtresse; etc.»^ Ce qui nous indique que les bons serviteurs, non seulement se montreront disposés à obéir promptement lorsqu'on leur commandera quelque chose, mais aussi qu'ils seront prêts à saisir le moindre signe, le moindre regard de leurs maîtres, et qu'ils s'efforceront d'exécuter leurs ordres, et même de les prévenir par la promptitude de leur respectueuse obéissance.
Comme se rapportant à ce commandement, il nous reste, pour le terminer, à parler des obligations réciproques des instituteurs et des élèves.