TROIS CANONS OU RÈGLES DE CONDUITE EN TEMPS DE GUERRE
Nous avons trois canons ou règles de direction dans la guerre, qui nous viennent d'un auteur appelé Victoria O. P., vivant vers le milieu du seizième siècle.
Règle I. — Dans la supposition qu'un roi a l'autorité de déclarer la guerre, avant tout, il ne doit point chercher des occasions ou des causes pour la provoquer, mais s'efforcer autant que possible de « rester en paix avec tout le monde » selon l'avis de saint Paul aux Romains. ^ Il doit se rappeler
I Rom. XII. 18.
que tous les hommes sont nos frères, que nous sommes tenus de les aimer tous comme nous-mêmes, que nous n'avons tous qu'un seul Maître et Seigneur, au tribunal duquel nous rendrons nos comptes: Ce n'est que devant une nécessité absolue qu'il doit en venir à déclarer la guerre^ et à assumer une si lourde et si terrible responsabilité.
Règle 2. — La guerre une fois commencée, pour une cause juste et par nécessité, il doit la poursuivre, non pour la ruine du peuple contre lequel il combat, mais pour sauvegarder les droits de sa nation, pour défendre son pays et ses sujets, et pour rétablir la paix et la sécurité.
Règle 3. — Quand il a remporté la victoire et mis fin à la guerre, son devoir est de traiter les vaincus avec modération et avec une charité chrétienne, de se considérer comme arbitre entre les deux républiques ou les deux états, dont l'un a été victime de l'injure faite par l'autre; son devoir est de se comporter alors, non comme un vengeur et un accusateur, mais comme un juge tenu de sauvegarder les droits légitimes de l'un et de l'autre parti. Je puis affirmer qu'il n'est pas possible que la guerre soit matériellement juste de part et d'autre; elle peut l'être formellement des deux côtés par l'ignorance invincible, par la bonne foi du parti qui a tort.