‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 263 sur 409 · SI LES SOLDATS PEUVENT SE BATTRE · texte numérisé non relu

SI LES SOLDATS PEUVENT SE BATTRE

Voici une question théorique que les moralistes posent ordinairement en parlant de la guerre, et que je note en passant :

Les soldats peuvent-ils se battre (i) lorsqu'il est douteux que la guerre est juste; (2) lorsqu'elle est manifestement injuste?

Si le soldat est un sujet du pouvoir belligérant et qu'il soit déjà enrôlé, il doit combattre, lors même qu'il pourrait avoir

des doutes sur la légitimité de la guerre. Il n'a qu'à présumer que les autorités compétentes ont suffisamment considéré et étudié la question. S'il est étranger, ou seulement dans l'intention de rejoindre l'armée, et que la rumeur circule, et s'il y a des probabilités que la guerre est injuste, son devoir est de prendre des informations aussi rigoureuses que possible et autant qu'il peut se rendre compte de la chose, et de dissiper ses doutes avant de rejoindre témérairement une armée qui est sur le point de causer à d'autres des torts graves et injustes.

Dans le cas où la guerre est évidemment injuste, personne, étranger ou non ne peut y prendre part sans se rendre coopérateur ou complice de l'injustice. Toutefois, tant qu'un soldat ne peut pas s'échapper de l'armée sans courir un grave danger, il est excusé de faute. Mais il devrait, autant que possible, s'abstenir de causer des dommages injustes aux ennemis, et s'efforcer de garder une attitude défensive, à supposer qu'une telle conduite soit possible, et s'en tenir aux actes et aux devoirs qui sont indifférents de leur nature.

Terminons ce chapitre par les paroles de saint Augustin: « Ceux qui font des guerres légitimes, et ceux qui, constitués en dignités, conformément aux lois, mettent les malfaiteurs à mort, ne violent pas le commandement qui dit: « Vous ne tuerez point; » car, de même que l'épée n'est pas coupable de meurtre, ainsi ne l'est pas non plus le ministre du juge, ni le juge qui est le ministre de Dieu. »

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Le Cinquième Commandement

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