‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 268 sur 409 · ENVIE : SENS DE CE VICE · texte numérisé non relu

ENVIE : SENS DE CE VICE

Ce vice est une tristesse ou un mécontentement que l'on ressent du bien temporel ou spirituel du prochain, ou une joie que l'on éprouve des maux qui lui arrivent. D'après saint Thomas, l'envie est une tristesse du bien du prochain, en tant que l'on se regarde soi-même comme frustré de ce bien ; comme si un homme éprouvait de la tristesse de ce qu'un autre devient son égal en honneurs et en richesses, s'imaginant que ces honneurs et ces biens sont une perte pour lui-même. Si quelqu'un, pour d'autres motifs que ceux-ci, ressent de la tristesse à la vue de la prospérité de son voisin^ ce n'est plus de l'envie. On pourrait faire de l'envie une peinture plus détaillée, et dire qu'elle consiste à éprouver un malaise, une peine, un mécontentement à la vue d'une supériorité qui nous domine, d'une réputation, d'un bonheur dont jouit un voisin ; à souffrir de la prospérité d'un autre, à s'inquiéter et à se tourmenter de l'élévation réelle ou supposée de quelqu'un, et le haïr en raison de ce bien.

On peut encore ajouter que l'envie est une tristesse qui trouble l'âme à la vue des avantages que possède l'un de nos semblables, et qui nous peine comme si ces avantages étaient un mal pour nous; ou, en d'autres termes, qu'elle est une jouissance que nous éprouvons en voyant ou en entendant

dire qu'il est arrivé quelque chose de fâcheux à notre prochain ; ou enfin, qu'elle est un déplaisir que nous ressentons à la vue des dons naturels et des faveurs divines qui lui sont accordés et dont nous sommes privés; ou une joie de ce qu'il a certains travers naturels, des défauts et des infirmités.

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