‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 287 sur 409 · TROIS QUESTIONS IMPORTANTES · texte numérisé non relu

TROIS QUESTIONS IMPORTANTES

Deux ou trois questions se rattachent ordinairement à ce sujet; elles sont pratiques et demandent une sérieuse attention.

(i) Est-il permis de persuader à un homme de faire un moindre mal pour le détourner d'un plus grand, s'il n'y a aucun autre moyen de le lui faire éviter? Quelques auteurs prétendent qu'on ne le peut pas, parce que c'est conseiller le maL D'autres distinguent, et disent qu'on peut donner ce conseil lorsque le moindre mal est de la même espèce que le

I S. Mat. XV. 14, apud. Hay.

plus grand; tel serait le cas de persuader à un homme d'en blesser un autre plutôt que de le tuer, ce qui paraît juste, dès lorsqu'on ne peut trouver aucun autre moyen de sauver la vie à l'homme condamné à périr. D'autres encore, à la suite de saint Alphonse, disent qu'on le peut, généralement parlant, s'il est question de la même personne, mais qu'il ne serait point permis de donner ce conseil à une personne, sur le point de causer un tort grave à un homme. Enfin, une quatrième opinion soutient qu'il est toujours permis de persuader à un homme de faire un moindre mal pour lui en faire éviter un plus grand, admis, bien entendu, qu'il est décidé à faire le plus grand, et qu'il n'est pas possible de l'en empêcher autrement. Il me semble que l'opinion de saint Alphonse est la plus probable et la plus sûre dans un cas semblable.

(2) On demande s'il est permis de laisser une occasion de péché pour corriger le pécheur? Tous les auteurs s'accordent à dire que c'est permis. Ce n'est pas porter quelqu'un au péché, et il y a une raison suffisante de permettre l'occasion. Ainsi, des parents et des maîtres ne sont pas tenus d'éloigner une occasion de vol de leurs serviteurs et de leurs enfants qui ont l'habitude de voler: c'est vouloir qu'ils soient pris sur le fait, pour qu'ils soient mieux corrigés et amendés. Pareillement, les gardes peuvent se cacher pour attraper les voleurs et les malfaiteurs, afin de leur faire infliger un châtiment. Il y a également une opinion fondée sur l'autorité de saint Thomas» affirmant qu'il est même permis d'offrir une occasion de péché pour une bonne fin ; par exemple, de laisser avec intention la clef d'une armoire, dans laquelle se trouve de l'argent, pour éprouver l'honnêteté et la fidélité d'un serviteur,, lorsqu'on a des raisons d'en douter.

LE CmaUIÈME COMMANDEMENT 449

(3) Enfin, voici une autre question: Dans le cas où Ton a donné du scandale ou porté un autre à pécher, est-il nécessaire de déclarer en confession si on a agi comme tentateur, ou si on a simplement consenti au péché avec un complice? Dans des circonstances semblables, tous les deux sont coupables ; et, d'après l'opinion la plus probable, il suffit de confesser le péché ; il n'est pas nécessaire de mentionner qu'on a été solliciteur.

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